Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole

Ethnicité zéro

Par Karen AYAT
Il parait qu'une ethnicité « zéro » est le but ultime des sociétés modernes. Bannir toute appartenance culturelle, religieuse, sociale... ou ethnique qui contrarierait l'image de l'État serait la politique à suivre. Les citoyens seraient tous identiques et auraient le même sentiment d'appartenance à la société et de solidarité vis-à-vis du prochain. L'État serait la référence unique, une nation réelle se constituerait et les origines ethniques diverses n'auraient plus d'importance. L'État serait le seul protecteur de la nation qui, elle, à son tour, serait dévouée à défendre sa cause et à agir en bon citoyen.
La cause est respectable. Et les conséquences pratiques des plus raisonnables. Le peuple devrait être une seule entité qui partage le même objectif et qui attache la même importance, une importance hors de prix, à la souveraineté. La nation serait constituée d'êtres humains qui vivent sous la même loi et qui possèdent les mêmes droits. Ils ont également accès à la justice et sont également responsables de maintenir la paix.
Dans le passé, il était possible d'affirmer, sans provoquer le moindre débat, que ce qui crée l'unité de la nation, sa solidarité, sa volonté de « vivre ensemble » et son sort commun découlent du fait que ses membres partagent la même histoire, la même langue, les mêmes origines et souvent la même religion.
Aujourd'hui, peut-être dû au développement des transports et au rêve de vivre « là-bas » comme dirait Jean Jacques Goldman, chercher un niveau d'ethnicité « zéro », comme aime le prétendre les politiques, relèverait d'une pure utopie. Les sociétés modernes sont un mélange ethnique des plus enrichissants. Elles portent les tenues les plus multicolores. Elles parlent des langues volées aux quatre coins du monde. Les sociétés modernes font place à toutes les religions. Et essaient tant bien que mal de maintenir la paix tout en offrant la plus belle des expériences culturelles.
Une ethnicité zéro serait rendre les gens amnésiques. Ce serait leur refuser le souvenir d'un été passé à se promener sur un port à Tunis ou le souvenir d'une douleur amère mais nécessaire provoquée par une guerre au Moyen-Orient, ou le souvenir d'un bon vin du pays natal, d'une grand-mère, d'un voisin, d'une voiture pourrie, d'un amour d'enfance, d'une école catholique, d'un embouteillage insupportable, d'une vitre cassée, d'une porte grinçante, d'un cerisier des plus généreux, d'un cèdre planté à Paris, d'un chat capricieux, d'un lit tiède, chaud, de madeleines délicieuses.
Une ethnicité zéro est un mensonge qui prétend que, pour peu que l'on oublie ses origines et que l'on considère notre appartenance actuelle à une société moderne donnée comme rétroactive, cela contribuerait à maintenir la stabilité de l'État.
L'idée me fait rire. Mes racines ne peuvent être arrachées. Même si je le voulais. Ma langue ne peut être oubliée. Et ma religion ne changera jamais. Cela n'empêche pas le respect des autres et le voyage culturel avec la différence.
Oui, le concept est le plus ridicule qui soit. Comme beaucoup d'autres concepts mentionnés dans les discours. Mais il ne m'inquiète pas. Parce que j'ai beau me lisser les cheveux et me faire des mèches dorées, ils poussent noirs. Et bouclés.
Il parait qu'une ethnicité « zéro » est le but ultime des sociétés modernes. Bannir toute appartenance culturelle, religieuse, sociale... ou ethnique qui contrarierait l'image de l'État serait la politique à suivre. Les citoyens seraient tous identiques et auraient le même sentiment d'appartenance à la société et de solidarité vis-à-vis du prochain. L'État serait la référence unique, une nation réelle se constituerait et les origines ethniques diverses n'auraient plus d'importance. L'État serait le seul protecteur de la nation qui, elle, à son tour, serait dévouée à défendre sa cause et à agir en bon citoyen.La cause est respectable. Et les...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut