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Économie - Liban - Bilan

Croissance solide des profits et actifs des banques Alpha en 2009

Le soutien indirect de l'État via une politique de stérilisation et d'absorption des liquidités a été l'un des principaux facteurs qui ont permis au secteur bancaire de préserver sa profitabilité face aux entrées massives de capitaux convertis en livre.
Les résultats publiés fin 2009 et début 2010 par les banques libanaises de la catégorie Alpha (les douze banques dont le total des actifs excèdent les deux milliards de dollars) ont confirmé la tendance observée tout au long de l'année dernière. À savoir que les grandes banques libanaises ont non seulement très bien résisté à la crise financière internationale, mais ont également réussi à enregistrer une croissance sensible de leurs profits et de leurs actifs en 2009, due à différents facteurs, dont leur politique d'investissement conservatrice, la solidité de leur capitalisation, l'efficacité de leur gestion des risques, la compression continue de leurs coûts et la régulation prudentielle mise en place par la Banque du Liban (BDL).
Il reste toutefois à nuancer cette affirmation, en soulignant que l'État libanais a quand même protégé les marges de bénéfice des banques et a allégé les pressions qui ont pesé sur ces établissements et leurs marges du fait des entrées massives de liquidités dont une très grande partie a été convertie en livres. Ce soutien indirect aux banques a eu pour conséquence d'alourdir le service de la dette dû aux différentes mesures mises en place pour conduire une politique de stérilisation et éponger partiellement l'excès de liquidités sur les marchés. Parmi ces mesures, on note l'émission de certificats de dépôts à rémunération élevée, pratique décriée par le Fonds monétaire international (FMI). De plus, du fait de cette politique et pour absorber davantage de liquidités, l'État s'est en outre endetté au-delà de ses besoins, comme le montre l'accumulation de près de 6,7 milliards de dollars de dépôts publics auprès de la BDL.
Dans les chiffres, les données compilées par Bankdata Financial Services reflètent une croissance annuelle de 22,1 % du total des actifs des banques Alpha en 2009. Le principal moteur de cette progression a été la hausse de 23,8 % du total des dépôts, au moment où les crédits n'ont avancé que de 15,6 %.
Le bénéfice net total des banques Alpha en 2009 s'est de son côté élevé à 1,29 milliard de dollars, en hausse de 19,3 % par rapport au résultat net affiché fin 2008. Cependant, cette croissance marque une franche décélération par rapport à l'augmentation de 31,9 % des profits nets enregistrés par ces banques en 2009. Ce résultat reste toutefois significatif en comparaison avec les pertes colossales accusées par les plus grandes institutions bancaires à l'échelle mondiale.
Il n'empêche que l'évolution des profits des différentes banques Alpha prises individuellement demeure mitigée et on relève une grande disparité entre les différentes institutions. L'établissement qui a enregistré la meilleure performance en 2009 a en effet accusé un bond de 59,7 % de son bénéfice. En revanche, la banque Alpha qui a connu la performance la plus faible parmi ses concurrentes a vu son profit chuter de 5,5 %, selon les chiffres qui seront publiés dans la prochaine édition du Lebanon Weekly Monitor, bulletin économique hebdomadaire de la Bank Audi.

Hausse des commissions
Plus en détail, pour expliquer la croissance du profit des banques Alpha, on note une hausse de 11,9 % du résultat d'exploitation (résultat procédant d'activités liées au cœur du métier commercial ou industriel de l'entreprise) de ces établissements, contre un alourdissement de 6 % de leurs dépenses opérationnelles. La principale source de l'amélioration du résultat d'exploitation a été les perceptions de commissions et autres frais de dossiers. En effet, les produits d'intérêts ont avancé de 4,2 % alors que les recettes non provenant de perceptions d'intérêts ont bondi de 24,3 %. Rappelons que ce dernier type de recettes découle de perceptions de commissions sur les lettres de crédit et de garanties ainsi que des frais de cartes de crédit, d'opérations de change et de transactions sur les marchés financiers.
La croissance rapide des recettes provenant des commissions réduit la vulnérabilité des banques par rapport à l'évolution de la structure d'intérêts. D'autant que la part de ces produits dans le résultat d'exploitation total a progressé de 3,9 % pour s'élever à 34,7 %.

Stagnation des rendements
Par ailleurs, il semble que les efforts de réduction des coûts déployés par les banques Alpha aient donné des résultats concrets. En effet, le ratio des coûts au revenu a baissé de 2 % à 49,8 %, reflétant une plus grande efficacité de l'utilisation des ressources. Malgré cette baisse des coûts, les banques Alpha ont continué à investir dans leur infrastructure et dans leurs ressources humaines. Ainsi, le nombre de leurs agences a progressé de 6,5 % à 887, alors que le nombre de leurs employés a grimpé de 9,2 % à 20 724 personnes.
Cependant, malgré ces gains, le retour net sur fonds propres a stagné à 13,75 % fin décembre alors que le retour sur actifs a très légèrement progressé, gagnant seulement 0,02 % à 1,20 %. Ces résultats demeurent en deçà des benchmarks internationaux, bien que la performance contracyclique des banques libanaises en 2009 leur ait permis d'enregistrer des avancées sur ce front.
Les résultats publiés fin 2009 et début 2010 par les banques libanaises de la catégorie Alpha (les douze banques dont le total des actifs excèdent les deux milliards de dollars) ont confirmé la tendance observée tout au long de l'année dernière. À savoir que les grandes banques libanaises ont non seulement très bien résisté à la crise financière internationale, mais ont également réussi à enregistrer une croissance sensible de leurs profits et de leurs actifs en 2009, due à différents facteurs, dont leur politique d'investissement conservatrice, la solidité de leur capitalisation, l'efficacité de leur gestion des risques, la compression continue de leurs coûts et la...
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