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Liban

Hariri minimise l’ampleur des attaques syriennes à son encontre

Le Premier ministre s’entretenant avec Mme Sison. Photo Dalati et Nohra

Interrogé hier à sa sortie du Grand Sérail par les journalistes sur la montée des critiques que lui adressent la presse syrienne et certains médias libanais prosyriens, le chef du gouvernement s'est contenté d'une réponse flegmatique, mais ferme, cherchant visiblement à minimiser l'ampleur de ces attaques : « J'ai décidé de prendre une direction que je ne modifierai pas. Le processus de réinstauration de la confiance (entre le Liban et la Syrie) se poursuit sur un rythme sûr. Rien ne pourra l'entraver, ni un mot par-ci et ni une phrase par là. J'ai décidé de me lancer dans la reconstruction de cette relation (libano-syrienne) parce qu'elle est dans l'intérêt du Liban, tout comme elle sert l'intérêt de la Syrie. L'intérêt national et l'intérêt arabe sont pour moi au-dessus de toute considération. »
Prié, par ailleurs, de commenter les propos de responsables iraniens sur le danger imminent qui pèse sur le Liban et sur l'influence de Téhéran dans ce pays, M. Hariri a répondu : « Il ne fait pas de doute qu'il existe des menaces dans la région. Pour notre part, nous effectuons des démarches claires et franches auprès de tous les pays amis pour les inciter à prendre des mesures claires et franches à l'égard des menaces israéliennes et à parler avec Israël de manière claire et franche. »
« Le Liban est un État qui applique la résolution 1701 du Conseil de sécurité et notre gouvernement a obtenu la confiance du Parlement sur la base de la mise en œuvre de la 1701 », a-t-il ajouté.
« Pour ce qui est des propos tenus par des responsables iraniens sur l'influence iranienne au Liban, il faut savoir que le Liban est un État libre, souverain et indépendant. Nous payons par notre sang le prix de l'indépendance de notre pays. Personne d'autre que les Libanais n'a de l'influence au Liban. C'est pourquoi nous n'encourageons pas de tels propos et nous voulons traiter avec l'Iran en sa qualité d'État souverain et libre, tout à fait comme l'Iran devrait traiter avec nous », a encore dit M. Hariri.
Le Premier ministre avait reçu en matinée au Grand Sérail l'ambassadrice des États-Unis à Beyrouth, Michelle Sison, avec qui il s'était entretenu des développements régionaux et internationaux ainsi que des relations bilatérales.
Il devait par la suite recevoir une délégation de députés de Beyrouth regroupant Jean Oghassabian, Ammar Houry, Mohammad Kabbani, Atef Majdalani, Bassem Chab, Serge TerSarkissian et Sebouh Kalbakian.

La presse syrienne
Pour en revenir aux attaques syriennes, le journal al-Watan a continué hier sur sa lancée, reprochant en substance à Saad Hariri de ne pas avoir été à la hauteur des promesses que portait en elle sa visite à Damas.
Après avoir longuement insisté sur le caractère « personnel, plus qu'officiel » de cette visite et affirmé que la Syrie avait, à cette occasion, « accepté de tourner une page douloureuse », le journal s'interroge : « Qu'avons-nous récolté en échange ? Beaucoup d'alliés de Hariri continuent de tenir des propos venimeux à l'égard de la Syrie. Il y en a toujours qui déversent leur haine et qui lancent des pierres sur les voitures et les camions syriens. »
« Nos reproches ne sont pas adressés à ceux qui agissent contre les intérêts du Liban et veulent le rendre prisonnier de politiques occidentales et israéliennes rejetées par une majorité de Libanais, mais à ceux qui se prétendent soucieux du sort du Liban et des relations de bon voisinage, ceux qui affirment vouloir ouvrir une nouvelle page dans les rapports syro-libanais et qui, à ce qu'il semble, restent très influencés par les propos des haineux, des racistes et des ennemis du Liban », poursuit al-Watan.
De son côté, le site Cham Press fait part de « l'amertume » des Syriens « chaque fois qu'ils lisent des propos attribués au Premier ministre libanais ».
« Les proches de M. Hariri n'ont pas encore saisi la portée de ce qui a été convenu entre le président Bachar el-Assad et le Premier ministre libanais », ajoute ce site qui s'en prend nommément au chef des Forces libanaises, Samir Geagea, et « quelques autres comparses », accusés de chercher à saboter l'amélioration des relations libano-syriennes.
Mais Cham Press reproche directement à Saad Hariri les déclarations qu'il a faites récemment en Italie et qui, selon ce site, « manquent de sagacité et traduisent une crise personnelle que vit l'homme entre ses options politiques authentiques et le poids du passé ».
Le site conclut en faisant une fleur au chef du PSP, Walid Joumblatt, « qui, lui, exprime actuellement le souhait, apparemment sincère cette fois-ci, de réviser les terribles erreurs du passé ».
Interrogé sur ces commentaires syriens, le député Ahmad Fatfat a souligné que « la question ne se résume pas à une crise de confiance entre la Syrie et un individu, mais à la relation entre deux États, le Liban et la Syrie ».
« M. Hariri a été très clair lors de la commémoration du 14 février lorsqu'il a insisté sur l'édification de rapports entre un État libre, souverain et indépendant et un autre État libre, souverain et indépendant. Par conséquent, les discussions doivent porter sur les dossiers et non pas sur la relation personnelle », a ajouté M. Fatfat.
De son côté, le député Okab Sakr a démenti l'existence d'une crise de confiance entre le Premier ministre et Damas, estimant que les attaques proviennent « d'analyses de presse entrant dans le cadre de tentatives de parasitage ».
Interrogé hier à sa sortie du Grand Sérail par les journalistes sur la montée des critiques que lui adressent la presse syrienne et certains médias libanais prosyriens, le chef du gouvernement s'est contenté d'une réponse flegmatique, mais ferme, cherchant visiblement à minimiser l'ampleur de ces attaques : « J'ai décidé de prendre une direction que je ne modifierai pas. Le processus de réinstauration de la confiance (entre le Liban et la Syrie) se poursuit sur un rythme sûr. Rien ne pourra l'entraver, ni un mot par-ci et ni une phrase par là. J'ai décidé de me lancer dans la reconstruction de cette relation (libano-syrienne) parce qu'elle est dans l'intérêt du Liban, tout comme elle sert...
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