Le ministre Rahhal et Habib Maalouf au centre, lors de la séance de débat au LEP. Photo Wassim Daou
M. Maalouf, qui a pris la parole en premier, a insisté sur le fait que le parti « a plusieurs remarques fondamentales qui, il l'espère, seront prises en compte lors d'un débat autour de l'élaboration d'une stratégie à long terme ». Il a souligné que le plus grand reproche qu'on peut faire au programme de travail du ministère est le fait qu'il n'a pas de bases philosophiques solides et ne comporte pas une vision globale, d'où l'intérêt, selon lui, d'une stratégie qui précède le programme de travail et qui définit les priorités suivant lesquelles l'activité du ministère doit être menée. Pour lui, « le rôle du ministère est de promouvoir l'idée de conservation, même si elle va à l'encontre de l'économie de marché, ainsi que les concepts de durabilité et de protection, pas ceux du développement non durable ».
Dans son document d'une vingtaine de pages, le LEP a mis en valeur le fait que l'économie du Liban est fondée sur ses atouts naturels et dépend donc de leur durabilité et de leur préservation. « Le rôle du ministère de l'Environnement est économique par excellence, puisqu'il est chargé de protéger les vrais atouts économiques du Liban », poursuit le texte. Le parti parle aussi du renforcement du rôle de l'État par la mise en place de stratégies et l'organisation des forces vives, la remise en question des permis accordés aux compagnies, l'adoption des lois nécessaires, la modification des prix afin qu'ils reflètent mieux le coût des produits (vu leur impact sur l'environnement), l'encouragement des industries de recyclage et de transformation, la durabilité dans la production industrielle, le boycott de produits non durables, l'investissement dans la jeunesse, la remise en question du système d'alimentation en général, l'appui à l'agriculture biologique, la mise en place d'une stratégie de l'eau, l'adoption du principe de précaution et de prévention au lieu du « pollueur payeur », la réorientation de la recherche scientifique et des cursus sur base de la stratégie adoptée.
Quant au ministre Rahhal, il a précisé que le ministère doit composer avec une équipe qui ne dépasse pas les 53 personnes et un budget qui suffit à peine à payer le loyer. Vu ces moyens limités, il a demandé l'appui de la société civile. « Il faut redonner au ministère de l'Environnement le respect dû à son rôle et à son importance et introduire les concepts environnementaux dans tous les domaines », a-t-il dit.
Le ministre a par ailleurs précisé que son ministère s'active à fermer les carrières illégales encore en activité et que 81 ont déjà cessé leurs activités depuis sa prise de fonctions.


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