Or à en croire les sources des différents courants politiques, le pari est loin d'être gagné. Certes, une fois encore, ce sont les jeunes qui feront les frais d'une telle politisation, mais le fait est que la majorité des blocs parlementaires a décidé de lier l'abaissement de l'âge électoral à la validation du texte de loi autorisant le vote des expatriés.
Le mot d'ordre semble toutefois être à la participation à la séance. Le défaut de quorum n'est donc pas à l'ordre du jour. Ce qui va probablement se passer, c'est que les députés s'abstiendront de voter alors même qu'ils se trouveront dans l'hémicycle. Le député du Courant du futur Ammar Houry a indiqué hier que la position de son bloc était « en faveur de l'abaissement de l'âge électoral à condition que soit entérinée la loi permettant aux expatriés de voter ».
Du côté du parti des Forces libanaises (FL), le député Antoine Zahra a indiqué que son bloc ne voterait pas le projet de loi « car nous voulons que soit voté avant cela le droit de vote des expatriés, ensuite nous validerons cet amendement ». Et de manière assez surprenante, le Bloc du changement et de la réforme a également adopté la même position. « Le bloc va s'abstenir de voter », a ainsi indiqué à cet égard le député Ibrahim Kanaan. De son côté, le député Kataëb Samy Gemayel a souligné que son parti aurait préféré que « toutes les questions concernant la réforme du système électoral soient abordées ensemble, comme un tout, pour nous n'ayons pas l'impression que certains dossiers sont en train d'être discutés pendant que d'autres sont gardés dans les tiroirs », ajoutant que les Kataëb ne voteraient pas en faveur de l'abaissement de l'âge électoral.
Le bloc de la Rencontre démocratique sera quant à lui scindé en deux ce matin, les députés faisant parti du Parti socialiste progressiste ayant reçu la consigne de voter pour le projet de loi, pendant que les autres demeurent libres de prendre la décision qui leur paraît opportune. Seuls les blocs Amal et Hezbollah voteront donc franchement « oui » à la question de savoir s'il faut ou non amender la Constitution pour permettre aux jeunes de 18 ans de faire entendre leur voix. À cet égard, le député Ali Khreiss affirmait hier que la journée d'aujourd'hui servira de « test à tous les blocs qui appellent les jeunes à prendre part à la vie politique ».
Notons, enfin, que les membres actifs de la Campagne civile pour la réforme électorale (CCER) ont appelé à un sit-in pacifique devant le Parlement qui aura lieu aujourd'hui, à 10h, dans le cadre de la campagne de pression organisée par la société civile pour faire adopter l'ensemble des réformes de la loi sur les municipales et en vue de la tenue des élections dans les délais prévus.


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