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Économie - Organismes Patronaux

Trois candidats aux élections de l’Association des industriels présentent leurs programmes

La nomination au gouvernement de Fadi Abboud a ouvert assez tôt la bataille des élections de la présidence de l'Association des industriels (AIL). Depuis plusieurs mois maintenant, les contacts se multiplient en coulisses et les principaux représentants du secteur industriel libanais - mais aussi des dirigeants politiques - tentent d'aboutir à un consensus autour d'un candidat, afin d'éviter d'éventuelles divisions au sein de l'un des principaux organismes patronaux du pays.
Alors que les tractations n'ont toujours pas abouti et que la date du scrutin devrait être fixée par la direction de l'AIL la semaine prochaine, L'Orient-Le Jour a interrogé et relu les programmes des trois principaux candidats qui sont Nehmat Frem, Fadi Gemayel et Nicolas Nahas. Voici une brève présentation des projets que promettent d'appliquer ces trois figures de l'industrie libanaise.

Frem
En premier, Nehmat Frem, président-directeur général d'Indevco Group, entreprise internationale polyvalente spécialisée entre autres dans la production papier/plastique, s'est lancé dans l'industrie dans les années 90 en fondant Phoenix Machinery. La petite usine familiale a ensuite pris de l'importance au fil des années, parallèlement à l'expérience sur le terrain du jeune homme d'affaires, ingénieur de formation.
Nehmat Frem a ainsi graduellement pris conscience de la foule de problèmes qui minaient le secteur de l'industrie libanaise : la non-application des lois pour protéger le secteur, l'absence de compétitivité du marché local en raison des coûts de production élevés ou encore le faible accès des petites et moyennes entreprises (PME) aux prêts, entraînant le découragement des investisseurs potentiels. Par où commencer ?
Se développant à partir d'un noyau central répartissant les fonctions de l'Association des industriels libanais en cinq catégories, son plan vise à dynamiser et protéger les intérêts d'une industrie au potentiel élevé. De ce fait, la revitalisation des fonctions de l'AIL, déclinées sur l'ensemble du programme, voudrait dire la concrétisation d'un lobbying plus efficace auprès de l'État (entraînant des avancées significatives au niveau de l'application des lois ou des déductions fiscales, par exemple) et surtout une coordination interne et externe au niveau des cinq points majeurs proposés par le programme de M. Frem : soutien aux entreprises déjà existantes, réduction des coûts de production dont presque 7 % sont générés par les dépenses en électricité, ouverture de parcs industriels, connexion avec les expatriés et focalisation sur les industries à fort potentiel de développement comme l'électronique, l'architecture ou le secteur de la mode. Au final, le plan proposé vise à améliorer concrètement la situation de l'industrie locale à tous les niveaux, avec l'objectif fixé d'augmenter sa part dans le produit intérieur brut (PIB) libanais (23 % contre 20 % actuellement). « Regardez au-delà » préconise Nehmat Frem : mission impossible ou optimisme fondé ? L'avenir nous le dira.

Gemayel
De son côté, Fadi Gemayel est président du syndicat des propriétaires des industries du papier et de l'emballage (AFPPPI). Interrompant en 1982 son doctorat en économie aux États-Unis pour rejoindre l'entreprise familiale Gemayel Frères, il a consacré sa carrière au secteur du recyclage et de l'emballage. Acquéreur en 2003 de la majorité des parts de la Société libanaise de carton (Solicar), il est devenu l'un des acteurs majeurs de l'Association des industriels au Liban et a occupé le poste de conseiller de l'ancien ministre de l'Industrie, le défunt Pierre Gemayel.
Au cours d'un entretien avec L'Orient-le Jour, l'homme d'affaires a exposé les grandes lignes de son programme, soulignant les défis majeurs rencontrés par le secteur industriel libanais et proposant des solutions allant de l'urgence au long terme. Il a notamment évoqué les immenses problèmes causés par les surcoûts en énergie dont sont malheureusement dépendantes les industries locales car ne bénéficiant pas pour le moment d'une autre alternative de production énergétique.
M. Gemayel a de ce fait préconisé des mesures rapides pour pallier les problèmes les plus urgents, comme une exemption totale d'impôts au niveau des exportations ou la création d'un fonds spécial sur 3 ans pour soutenir les entreprises aux besoins énergétiques élevés. Au long terme, il entrevoit la « nécessité d'adopter une approche sectorielle » afin de mieux distribuer les tâches - mesure déjà appliquée dans son propre domaine d'activité, avec la création en avril 2009 de Liban Pack, pôle de coordination des acteurs principaux de l'industrie de l'emballage. Le besoin de recourir aux énergies vertes avec l'appui du gouvernement (par le biais de primes ou de subventions), la concentration d'une partie de l'industrie sur une production de qualité (notamment avec la mise en place de l'appellation d'origine contrôlée ou AOC), ou encore la mobilisation de la diaspora libanaise sont, parmi d'autres, autant de solutions sur lesquelles se penche Fadi Gemayel, qui ne doute pas un instant du potentiel « énorme » de l'industrie locale, jusque-là délaissée au profit d'autres secteurs jugés plus performants.
Le candidat propose en outre d'encourager les investissements étrangers et de parrainer la création d'établissements d'études et de formation professionnelle. Pour lui, il est simplement temps « de se mettre au travail », le but étant d'augmenter d'ici à 2015 la part du secteur industriel dans l'économie nationale.

Nahas
Diplômé en génie civil de l'Université Saint-Joseph en 1972, Nicolas Nahas poursuit 20 ans plus tard une formation en gestion d'entreprises, dédiée aux grands cadres, à la Harvard Business School. Il est aujourd'hui à la tête de plusieurs entreprises locales, dont la société LBDI qui commercialise sur le marché des produits laitiers. Il est également membre du conseil d'administration de la société Ciments de Sibline. Sa candidature aux élections de l'Association des industriels, en cas de victoire, vise à « contribuer, dans la mesure du possible, au redressement de l'industrie libanaise », dit-t-il dans un entretien avec L'Orient-Le Jour.
« Celle-ci souffre en effet de l'existence de nombreuses défaillances au niveau infrastructurel l'empêchant de prendre son envol. Sur le plan énergétique, par exemple, les industriels, à l'instar de tous les agents économiques du pays, pâtissent depuis des années du problème d'électricité, qui se répercute non seulement sur leurs coûts de production, mais aussi sur l'efficacité et l'espérance de vie de leurs machines et équipements », souligne-t-il. « En outre, les coûts de transport maritime demeurent relativement élevés, ce qui affecte nos prix à l'export (...). Quant aux lois commerciales et autres lois régissant le secteur, elles sont dans leur grande majorité caduques et inadaptées au contexte actuel. Enfin, les moyens de financement sont limités aux institutions bancaires, en l'absence d'une structure développée de marchés financiers, ce qui entrave la mise en route des projets d'investissements de grande envergure », déplore-t-il. Selon Nicolas Nahas, ces problèmes constituent une réelle entorse au développement du secteur industriel, qui emploie autant de personnes que dans les institutions publiques et représente près de 13 % du produit intérieur brut (PIB). « Il faut donc coûte que coûte que le chantier de réformes internes et externes soit lancé, d'autant que les investissements annuels dans le secteur sont supérieurs à 250 millions de dollars, dont 130 millions de dollars sous forme d'importations de machines industrielles. » Selon le candidat, le savoir-faire et le niveau technologique élevé propres à certaines industries locales, à l'instar des industries du ciment ou de l'impression, constituent le principal avantage comparatif du Liban. « Il est donc de notre devoir de capitaliser sur ces atouts pour aller de l'avant et permettre au secteur industriel de se développer davantage, d'autant que sa valeur ajoutée pourrait atteindre 20 % du PIB à moyen terme », conclut-il.

La nomination au gouvernement de Fadi Abboud a ouvert assez tôt la bataille des élections de la présidence de l'Association des industriels (AIL). Depuis plusieurs mois maintenant, les contacts se multiplient en coulisses et les principaux représentants du secteur industriel libanais - mais aussi des dirigeants politiques - tentent d'aboutir à un consensus autour d'un candidat, afin d'éviter d'éventuelles divisions au sein de l'un des principaux organismes patronaux du pays.Alors que les tractations n'ont toujours pas abouti et que la date du scrutin devrait être fixée par la direction de l'AIL la semaine prochaine, L'Orient-Le Jour a interrogé et relu les programmes des trois principaux candidats qui sont Nehmat Frem, Fadi Gemayel et Nicolas Nahas. Voici une...
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