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Liban - Vient De Paraître

« La route royale : Sévère d’Antioche et les Églises d’Orient » (*)

La couverture de l’ouvrage.

Les Presses de l'Institut français du Proche-Orient (IFPO) viennent de publier (en deux tomes) un ouvrage de référence en histoire religieuse de la région : La route royale : Sévère d'Antioche et les Églises d'Orient (512-518), par Frédéric Alpi, chercheur à l'IFPO.
Cet ouvrage, qui porte sur le patriarche d'Antioche Sévère, brillant polémiste et antichalcédonien, nous renseigne à la fois sur le fonctionnement institutionnel du patriarcat au début du VIe siècle et sur la condition sociale et juridique des clercs et des moines.
Il nous informe également sur les résistances païennes, les dissidences religieuses et les querelles christologiques de cette époque.
Fort de la confiance d'Anastase Ier, le moine Sévère, brillant polémiste antichalcédonien et cyrillien de stricte observance, devient patriarche d'Antioche en 512 et se maintient sur le siège apostolique jusqu'à la mort de l'empereur (518).
Dans le cadre formel de l'Hénotique, édit que Zénon, empereur d'Orient, publia en 482, à l'effet de rétablir l'unité de croyance dans l'Église et de réunir les catholiques et les eutychiens (monophysites), il entend faire prévaloir son hostilité au dogme des deux natures du Christ, ralliant autour de lui l'ensemble des évêques orientaux, en accord doctrinal avec les patriarches d'Alexandrie et de Constantinople.
La Constitution de cette « communion sévérienne » nous renseigne sur le fonctionnement institutionnel du patriarcat d'Antioche au début du VIe siècle, sur les principaux organes de son gouvernement, et sur les conditions juridiques et sociales des clercs et des moines.
Parallèlement, les homélies cathédrales de Sévère documentent sur la liturgie alors en usage à Antioche et sur son évolution, la topographie religieuse de la ville, ainsi que la société urbaine et sa vie quotidienne, montrant d'ailleurs les limites spirituelles et morales qu'y rencontre encore la prédication chrétienne.
Il en va de même pour le diocèse oriental dans son ensemble, où la correspondance du patriarche et diverses sources parallèles font état de résistances païennes, d'évangélisation toujours nécessaire, de dissidences religieuses, notamment juive et manichéenne, et d'oppositions dogmatiques bien localisées. Parfois violentes, ces dernières annoncent d'ailleurs le renversement politique qui sera concrétisé par l'avènement de Justin Ier, la chute de Sévère et la fin de l'Hénotique.
Sévère a souvent été tenu pour « un monstre », le premier responsable du schisme qui va diviser durablement l'Église impériale et contribuer au déclin de la puissance romaine en Orient. L'ouvrage d'Alpi n'est pas concerné par cette conception polémique de l'histoire. Il utilise les données disponibles sur la crise religieuse et politique des dernières années du règne d'Anastase (491-518), pour ce qu'elle nous apprend du fonctionnement institutionnel de l'Église d'Antioche, siège majeur de la chrétienté impériale, des rapports que l'évêque de cette cité entretenait avec son peuple, et de la situation religieuse, politique et sociale que connaissait alors le diocèse oriental.
Pour apprécier ce travail immense, il faut aimer l'histoire, suspendre son jugement et voir les siècles s'animer. Une œuvre d'érudition considérable.

(*) Presses de l'Institut français du Proche-Orient (IFPO).
Les Presses de l'Institut français du Proche-Orient (IFPO) viennent de publier (en deux tomes) un ouvrage de référence en histoire religieuse de la région : La route royale : Sévère d'Antioche et les Églises d'Orient (512-518), par Frédéric Alpi, chercheur à l'IFPO.Cet ouvrage, qui porte sur le patriarche d'Antioche Sévère, brillant polémiste et antichalcédonien, nous renseigne à la fois sur le fonctionnement institutionnel du patriarcat au début du VIe siècle et sur la condition sociale et juridique des clercs et des moines.Il nous informe également sur les résistances païennes, les dissidences religieuses et les querelles christologiques de cette époque.Fort de la...
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