« Cela fait cinq ans que nous nous retrouvons ici, place de la Liberté, en présence du peuple libanais et du martyr du Liban, de l'arabité, de la modération, de la démocratie et de la liberté, Rafic Hariri.
« Cinq ans déjà que je m'adresse à vous, comme l'un d'entre vous, responsable avec vous et comme vous, de poursuivre le chemin, responsable de défendre le Liban, l'arabité, la démocratie, la liberté, la souveraineté et l'indépendance, de défendre tout ce pourquoi mon père, le Premier ministre martyr Rafic Hariri, ainsi que Bassel Fleyhane, Samir Kassir, Georges Haoui, Gebran Tuéni, Pierre Gemayel, Walid Eido, Antoine Ghanem, Wissam Eid, François Hajj, et leurs compagnons, ont payé de leur vie.
« Cinq ans déjà que nous nous retrouvons ici même pour réclamer la vérité, la justice et le Tribunal spécial pour le Liban qui doit mettre fin à l'impunité.
« Il y a cinq ans, vous êtes venus ici pour dire que le géant, duquel l'assassin croyait pouvoir se débarrasser, a fait sortir un autre géant de la lampe : le peuple libanais, et celui-ci n'acceptera plus d'y retourner. Le peuple du Liban a envahi cette place le 14 mars 2005 pour dire que notre pays ne sera plus jamais un théâtre d'opérations, que notre démocratie ne sera plus vulnérable, que notre avenir sera forgé par nos décisions, notre liberté et nos cerveaux, afin que le Liban demeure le message de l'Orient au monde entier et pour dire que nous sommes engagés à assurer le passage vers l'État. »
« Je ne suis pas parmi vous aujourd'hui en tant que Premier ministre, mais comme l'un d'entre vous, pour vous exprimer ma reconnaissance. Car moi je n'ai pas choisi Rafic Hariri comme père, je suis Saad Rafic Hariri parce que Dieu m'a accordé cet honneur. Alors que vous, vous avez choisi Rafic Hariri de votre propre gré. Vous avez choisi la voie de Rafic Hariri, vous avez choisi de défendre son martyre et celui de tous les martyrs de la révolution du Cèdre tombés après lui.
« Les assassins avaient cru que cette tombe serait celle de nos rêves, de notre ambition et de notre avenir. Mais grâce à votre volonté et votre détermination, à votre retour à la place de la Liberté chaque 14 février, vous avez fait en sorte que de cette tombe jaillisse la liberté, la souveraineté et l'indépendance. Et bientôt la vérité et la justice.
« Ces acquis ne sont pas ceux du 14 Mars, mais de tout le Liban, de toutes les Libanaises et tous les Libanais qui, quelles que soient leurs opinions et appartenances, bénéficient de la liberté, de la souveraineté et de l'indépendance, et qui sont protégés par la vérité et la justice, à présent et pour toujours, contre les menaces des criminels.
« Il nous incombe aujourd'hui de défendre ces acquis, de défendre chaque Libanaise et chaque Libanais, de défendre tout le Liban, son arabité et sa démocratie.
« Notre seul moyen de défendre le Liban, le 14 mars 2005, était notre union nationale. C'est toujours le cas et cela le restera. C'est dans cet esprit que nous affrontons la nouvelle étape et que nous tendons les mains pour coopérer ensemble afin que la stabilité nationale soit un besoin libanais, dans le but d'étendre l'autorité de l'État et de la loi et de protéger le système.
« C'est aussi dans cet esprit que nous avons placé le Liban sur la carte des réconciliations arabes. Et ce n'est un secret pour personne que je suis personnellement impliqué dans l'élaboration de cette carte et que ma visite à Damas s'inscrit dans le cadre de la grande fenêtre ouverte par le roi d'Arabie saoudite, Abdallah ben Abdel Aziz.
« En toute honnêteté, franchise et responsabilité, je tiens à garder cette fenêtre ouverte et à entamer la mise en œuvre d'une nouvelle phase dans les relations entre le Liban et la Syrie, des relations entre deux États souverains, libres et indépendants.
« La stabilité et la solidarité arabes sont dans l'intérêt du Liban. Le Liban serait le grand perdant dans le jeu des axes. Et la réconciliation arabe est une opportunité que le Liban ne doit pas manquer, quelles que soient les raisons et les circonstances.
« Je vous parle franchement aujourd'hui, car tout mensonge devant la tombe de Rafic Hariri constituerait un crime supplémentaire envers lui et tous les autres martyrs.
« Nous avons franchi un pas historique, dans lequel certains ont estimé que nous avons enregistré des pertes personnelles. Mais l'important est de savoir quel était l'impact de ce pas sur la stabilité du Liban et le sort des relations interarabes.
« Il y a deux ans, j'ai lancé devant vous : " Liban d'abord, Liban d'abord. " Aujourd'hui à nouveau, j'élève de nouveau la voix en disant : " Liban d'abord ". La stabilité est dans l'intérêt du Liban d'abord, tout comme le sont la réconciliation, la solidarité face aux menaces israéliennes et le désamorçage des facteurs de discorde interne.
« Il n'y aura pas de compromis sur la dignité nationale, sur notre système démocratique, sur le Tribunal international, sur Taëf ou sur la parité totale entre chrétiens et musulmans au Liban.
" Le Liban d'abord " sera pour nous une devise qui traversera toutes les phases et qui consacrera la décision nationale libre et indépendante. »


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