Notre futur, ce n'est pas nous qui le dessinons.
Notre calme, notre paix - intérieure et extérieure -, ce n'est pas nous qui les créons.
Notre propre pays, nous jeunes Libanais, ce n'est pas nous qui décidons ni de sa destinée ni de son identité.
L'allure que nous tâchons sans arrêt de lui donner est amplement dominée par cette réputation injuste de terroriste.
Qui a la droit de décider à notre place de la guerre et de la paix ?
Qui a le droit, tout d'un coup, de déséquilibrer notre existence ou de nous menacer de la déséquilibrer ?
Qui a le droit, alors que nous étudions et rêvons à la construction de notre pays, d'ouvrir le feu, de lever le doigt et d'anéantir une paix que nous nous acharnons à vouloir préserver ?
Pourquoi doit-on quitter le pays de notre enfance et de nos bien-aimés, dégoûtés par les menaces quotidiennes de guerre et parce que nous avons soif d'une paix définitive ?
Qui a le droit de nous annoncer, à chaque fois, qu'il est disposé à mener une guerre, une nouvelle guerre pour les autres mais sur notre terrain ? De tels propos ne peuvent que pousser un plus grand nombre de jeunes à prendre leur décision et leur visa.
Qui a le droit ? Qui sont-ils ?
Ne pourraient-ils pas avoir en bouche d'autres mots que ceux de guerre, d'armes et de feu ?
Nous sommes fatigués de toutes ces histoires, de ces ultimatums et de ces obstacles dressés devant l'avenir de ce pays.
Pourquoi êtes-vous avides de sang ? Quelques années de quasi-paix étaient-elles donc si lourdes à supporter ?
Pourquoi ne voulez-vous pas d'un Liban rayonnant, celui de la culture, des festivals et du tourisme, plutôt qu'un Liban fait de tragédies, de larmes, de sang ?
Je ne comprends pas, expliquez-moi s'il vous plaît : comment la construction se fait-elle par la destruction ?
Enfin, prenez en considération qu'il existe toujours dans ce pays des gens qui ne comprennent pas que « plus il y a de martyrs, et plus la victoire est grande ».
Un débat doit s'instaurer, des clarifications doivent être apportées. Nous nous trouvons face à deux pôles qui sont loin d'avoir trouvé un équateur.
Les discours sont tellement dissonants qu'une harmonisation s'impose d'urgence.


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