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Liban - Crash Aérien

Le gouvernement fait face aux critiques, la douleur des familles reste entière

Le 15e jour après le crash n'a rien apporté de nouveau. Seulement quelques débris et quelques restes humains. Le gouvernement a choisi de faire face aux critiques pendant que les familles continuent de se noyer dans leur chagrin.
Ce n'est donc qu'une seule boîte noire, celle qui contient les données liées au vol, qui aura été envoyée en France et non deux, comme l'avaient annoncé hier plusieurs sources y compris une dépêche de l'agence Reuters. À bord de l'avion se trouvaient le directeur général de l'aviation civile Hamdi Chawk, l'expert Mohammad Aziz, l'ingénieur de la compagnie américaine Boeing Denis Jones ainsi que l'enquêteur éthiopien Theodoros Nijato. La deuxième boîte noire, celle qui a enregistré les conversations dans le cockpit de l'appareil, demeure introuvable. Hier, en début d'après-midi, certaines informations ont indiqué que la boîte recelant les conversations « allait être retrouvée très bientôt », mais plus tard, la chaîne de télévision al-Manar a affirmé que les navires de recherche ne recevaient plus de signal en provenance de cette boîte qui semblait pourtant avoir été localisée quelques heures auparavant. Le navire USNS Grapple poursuivait toutefois hier soir ses opérations de balayage de la zone où a été retrouvée la première boîte noire dimanche dernier. Les plongeurs de l'armée libanaise ont trouvé des restes humains qui ont été transportés aux alentours de 17h à l'hôpital gouvernemental Rafic Hariri. Les plongeurs ont également mis la main sur certains débris épars de la carlingue, mais il apparaît désormais que celle-ci s'est quasiment désintégrée en vol puisque les quelques débris retrouvés sur la plage de Ouzaï hier sont de taille réduite.
Concernant les morceaux de la carlingue retrouvés sur le littoral syrien, ils auraient été restitués hier aux autorités libanaises, selon des informations diffusées par la chaîne de télévision OTV, confirmées par la suite par la MTV. Une délégation libanaise s'est ainsi rendue à Lattaquié via la frontière de Masnaa et la restitution des débris de l'avion s'est faite dans l'enceinte de la base navale de Lattaquié. Quelques effets personnels ont aussi été retrouvés à Ouzaï, mais les opérations de recherche ont été suspendues vers 18 heures en raison de la dégradation des conditions climatiques. Autre correctif qui a émané hier des responsables de l'hôpital Rafic Hariri : le nombre de corps qui se trouvent actuellement à la morgue s'élève à 7, non à 8, comme l'ont affirmé les médias hier. De source médicale, trois des sept corps appartiendraient à des femmes.
Concernant les cinq corps des ressortissants éthiopiens, ils allaient en principe être remis tard dans la soirée d'hier aux responsables éthiopiens, mais des informations diffusées par la LBCI ont indiqué que l'ambassade d'Éthiopie refusait de se voir remettre ces corps tant que les tests ADN ne seraient pas terminés, car les autorités éthiopiennes veulent transporter tous les corps en une seule fois à Addis-Abeba.

Réunion ministérielle
Au Sérail, le Premier ministre Saad Hariri a présidé une réunion ministérielle, judiciaire et sécuritaire à laquelle ont notamment pris part les ministres des Affaires étrangères Ali Chami, de la Justice Ibrahim Najjar, des Travaux publics et des Transports Ghazi Aridi, de la Santé Mohammad Jawad Khalifé, de l'Information Tarek Mitri et le chef d'état-major adjoint Abdelrahman Chehaïtelly, ainsi que le procureur général Saïd Mirza. Les discussions ont évidemment été axées sur l'évolution des recherches. À l'issue de la réunion, Tarek Mitri a affirmé que « les agences de l'État ont œuvré dès le premier jour avec beaucoup de sérieux ».
Durant la réunion, un exposé détaillé des opérations de recherche a été donné ainsi qu'un aperçu de tous les moyens utilisés conformément aux règles professionnelles (...) Des photos des fonds marins où les recherches sont en train d'être menées ont été visionnées. Le ministre de l'Information a souligné le sérieux des opérations de recherche « depuis le premier jour » et mis l'accent sur l'aide internationale importante que le Liban a pu obtenir. Il a aussi voulu insister sur « la coopération » qui a prévalu entre les différents services de sécurité et le « strict respect » des « critères internationaux ». Il a d'autre part rejeté les allégations avancées par certains selon lesquelles les chercheurs auraient abandonné au bout de quelques jours la zone où la boîte noire et les corps ont finalement été repérés : « Cela n'a jamais été le cas », a-t-il dit. « Ni la marine ni les commandos de l'armée navale ne se sont jamais éloignés » de cette zone, a-t-il précisé. Le député Yassine Jaber a dans ce contexte insisté pour saluer les commandos de la marine, mais, reprenant la proposition du président de la Chambre Nabih Berry, a aussi souligné la nécessité de « mettre en place une cellule de crise chargée de gérer les catastrophes ».
Interrogé en outre sur le temps qu'il faudra pour analyser la boîte noire, M. Mitri a répondu qu'il faudrait « six mois, un peu moins ou un peu plus, je ne sais pas, mais ce qui est sûr, c'est que nous ne connaîtrons pas la vérité demain ».
Par ailleurs, le consul d'Éthiopie Asamanew Bonssa s'est rendu hier au palais Bustros où il s'est entretenu avec Ali Chami des derniers progrès enregistrés par les opérations de recherche. Il a dans ce cadre demandé au ministre que « les corps des victimes soient rapidement remontés à la surface », tout en saluant « les efforts fournis jusque-là par le gouvernement libanais afin de retrouver les corps ». M. Bonssa a d'autre part indiqué qu'une délégation éthiopienne de haut rang arrivera bientôt à Beyrouth afin de prendre part à une cérémonie funéraire pour le repos des âmes des victimes dont les corps ont d'ores et déjà été retrouvés. Jeudi, une messe sera célébrée par le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, pour le repos des âmes des victimes du crash, en la cathédrale maronite Saint-Georges dans le centre-ville de Beyrouth.

L'insondable colère des familles
Si la famille Assal, qui a perdu deux de ses membres, Georges et Albert, dans le crash de la Ethiopian Airlines, a remercié le président de la République Michel Sleiman, le président de la Chambre Nabih Berry et le Premier ministre Saad Hariri, d'autres familles n'ont pas pu s'empêcher d'exprimer leur colère qui n'en finit plus de grandir alors qu'ils demeurent, 15 jours après la catastrophe, sans nouvelles de leurs proches. Un sit-in a ainsi été organisé à Kfarjoz, près de la ville de Nabatiyeh, par les proches des victimes afin de protester contre la lenteur de l'enquête. Prenant la parole, l'épouse du disparu Fouad Jaber a demandé que « le nombre de sous-marins et de plongeurs soit augmenté (...) avant que la tempête n'arrive car celle-ci risque de venir à bout de nos espoirs d'obtenir les corps de nos proches ». Des femmes se sont ainsi réunies devant la mosquée chiite de Kfarjoz, brandissant les portraits des victimes du crash, « martyrs de l'émigration ».
Ce n'est donc qu'une seule boîte noire, celle qui contient les données liées au vol, qui aura été envoyée en France et non deux, comme l'avaient annoncé hier plusieurs sources y compris une dépêche de l'agence Reuters. À bord de l'avion se trouvaient le directeur général de l'aviation civile Hamdi Chawk, l'expert Mohammad Aziz, l'ingénieur de la compagnie américaine Boeing Denis Jones ainsi que l'enquêteur éthiopien Theodoros Nijato. La deuxième boîte noire, celle qui a enregistré les conversations dans le cockpit de l'appareil, demeure introuvable. Hier, en début d'après-midi, certaines informations ont indiqué que la boîte recelant les conversations « allait être...
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