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Culture - Édition

Le malaise arabe, politique ou culturel ?

Présenter la pensée arabe moderne est une tâche ardue du fait de l'ampleur de sa production. Elizabeth Suzanne Kassab s'y est quand même attelée dans son ouvrage « Contemporary Arab thought, cultural critique in comparative perspective » publié aux éditions Columbia University Press.

... et un autre à Paris.

« Dans ce livre, j'étudie les débats arabes de la seconde moitié du XXe siècle sur le malaise culturel. L'ouvrage examine les analyses faites par des penseurs arabes durant la deuxième moitié du XXe siècle », précise Elizabeth Suzanne Kassab qui a étudié à l'Université américaine de Beyrouth et à Fribourg, en Suisse, et a enseigné dans plusieurs universités dont l'AUB, Balmand, la LAU, Columbia et Yale.
 « Je place les débats dans leur contexte historique en les liant avec ceux qui ont eu lieu depuis le XIXe siècle durant la «Nahda» et je compare ces débats du monde arabe contemporain à ceux de l'Afrique et de l'Amérique latine de la même époque», ajoute celle qui occupe actuellement un poste de chercheuse affiliée au German Orient Institute de Beyrouth. « Cette approche comparative m'a permis de découvrir les similitudes entre ces débats, malgré les différences régionales, culturelles, linguistiques, religieuses et raciales. Elle m'a aussi permis de mieux saisir les spécificités des préoccupations arabes. »
Toute production culturelle est touchée, à divers degrés, par le monde social qui l'entoure. Cette interaction a permis l'émergence de plusieurs mouvements ou thématiques dans la pensée arabe qui coexistent toujours, même si certains se sont estompés sur la scène publique. Kassab s'intéresse à ceux qui ont culminé au milieu du XXe siècle, marqués par la réflexion sur le rapport à la modernité dans un cadre anti et postcolonial.
De même qu'à certains, orientés par la réflexion sur le rapport entre héritage culturel, notamment islamique, et sur la laïcité, le rôle de la religion dans la société, le conflit ou la continuité entre islam et modernité des Lumières occidentales.
En effet, le contexte des indépendances donne lieu, à partir du milieu des années 1950, à toute une production qui est confrontée au colonisateur, à l'Occident.
Pour relever les défis que présentent les sociétés actuelles, certains penseurs ont choisi d'asseoir leur réflexion sur le legs arabo-islamique, soit l'islam ou la production intellectuelle du Moyen Âge arabo-islamique. Ils soutiennent une critique quant à la place de la religion, notamment de l'islam, ou font une relecture apologétique de l'islam: deux tendances qui s'accordent sur l'importance de réfléchir à la modernité à partir d'un héritage autochtone. Kassab présente là une nouvelle manière de considérer la vie intellectuelle arabe. D'abord en mettant l'accent sur le mouvement autocritique, alors que, généralement, l'attention est dirigée vers l'aspect idéologique de cette vie, qu'elle soit de nature islamiste ou nationaliste.
Ensuite, elle détermine et examine la compréhension politique du malaise culturel prévalant chez les penseurs. Une compréhension appréhendée normalement de manière « culturaliste ».
En abordant la dialectique arabe et en la positionnant dans une perspective comparative postcolonialiste, elle casse l'isolement dans lequel elle était confinée jusque-là.
Comment la critique arabe a-t-elle approché le malaise culturel ? Quels sont les thèmes abordés et de quelle manière l'ont-ils été ?
La perception politique de problèmes culturels remonte à quand dans le monde arabe? De quelle manière les soucis de la région étaient-ils similaires ou différents de ceux d'autres pays en période postcoloniale ? Que révèle cette comparaison ?
Autant de questions et bien d'autres encore plus pointues, à suivre au fil de cet ouvrage dense et bien documenté.
« Dans ce livre, j'étudie les débats arabes de la seconde moitié du XXe siècle sur le malaise culturel. L'ouvrage examine les analyses faites par des penseurs arabes durant la deuxième moitié du XXe siècle », précise Elizabeth Suzanne Kassab qui a étudié à l'Université américaine de Beyrouth et à Fribourg, en Suisse, et a enseigné dans plusieurs universités dont l'AUB, Balmand, la LAU, Columbia et Yale.  « Je place les débats dans leur contexte historique en les liant avec ceux qui ont eu lieu depuis le XIXe siècle durant la «Nahda» et je compare ces débats du monde arabe contemporain à ceux de l'Afrique et de l'Amérique latine de la...
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