L’une des trois chambres d’électricité construites à Bdedoun.
Ce centre revêt une importance d'autant plus particulière qu'il s'agit du premier projet en son genre dans la région. « Notre génération n'a pas eu le loisir de vivre cette expérience, explique ainsi Georges Bejjani, président de la municipalité de Kahalé. Mis à part le salon de l'église où les habitants du village se rendent à l'occasion des funérailles, Kahalé est dépourvu d'un endroit où on peut se rencontrer. Ce projet permettra donc de rapprocher les habitants les uns des autres. »
L'édifice, formé de quatre étages de près de 195 m² chacun, accueillera également dans une étape ultérieure les locaux de la municipalité. Mais c'est au conseil municipal de poursuivre le projet. À l'heure actuelle, seuls le sous-sol, qui fera office de parking, et le rez-de-chaussée, qui abritera le centre socioculturel et qui sera doté d'une rampe pour handicapés, seront achevés.
Kahalé est l'un des dix-huit villages qui ont bénéficié l'an dernier du programme de développement socio-économique dans des régions du Mont-Liban (Baabda, Aley et Chouf) et de Jezzine (Kaitouli), touchées par l'exode. D'une valeur totale de 1,2 million de dollars, le programme est financé dans sa majorité par le Bureau de coopération italienne, les municipalités des villages ayant contribué selon leurs moyens (entre 5 et 35 %) aux frais de l'exécution des projets. Les travaux seront achevés fin mars.
« La majorité des déplacés ne sont pas encore retournés dans leur village, ainsi les ressources des personnes qui y résident viennent d'autres régions », note Andrea Garavini, directeur administratif du programme auprès du Bureau de coopération italienne. L'un des objectifs du programme consistait donc à réaliser « des projets susceptibles d'assurer un développement durable pour ces régions », affirme pour sa part Rached Sarkis, consultant et directeur technique du programme.
Les projets réalisés ont ainsi englobé la réhabilitation des routes agricoles, des canaux d'irrigation, des caniveaux ou des murs de soutènement, le forage de puits artésiens, la construction de chambres électriques et de réservoirs d'eau, l'installation de stations d'épuration naturelles, ou encore le relais des réseaux d'égouts aux maisons.
Autres témoignages
« Nous sommes très satisfaits des travaux », affirme Charles Ghafari, président du conseil municipal de Damour, où le projet consistait à relier les maisons au réseau d'égouts. Une partie du projet sera entièrement réalisée par la municipalité, « parce que nous ne pouvons pas être discriminatoires et priver certaines maisons des égouts », insiste-t-il.
À Bdedoun, c'est de l'électricité que les habitants vont pouvoir enfin bénéficier, le village ayant besoin de quatre postes électriques pour régler le problème du courant. Le projet a ainsi consisté à construire trois chambres d'électricité pour que l'Électricité du Liban puisse installer les transformateurs qui seront reliés aux câbles de moyenne tension. « L'électricité arrive dans les maisons à 180 volts, explique Élias Hoyek, président du conseil municipal. Quand nous aurons les transformateurs, le problème sera réglé. »
Dans ce village qui compte près de 3 000 habitants dont uniquement un millier sont revenus, un puits creusé il y a plusieurs années a été équipé pour alimenter le réservoir de la localité et parer ainsi au problème de coupure d'eau.
Kfaraamay, un autre village de Aley, a vu sa route agricole réhabilitée pour permettre aux habitants d'accéder à leurs champs, d'autant qu'ils vivent principalement de leurs récoltes. De même un caniveau a été aménagé et un mur de soutènement réhabilité.
Au Chouf
Un deuxième programme de développement socio-économique similaire sera lancé prochainement dans le Chouf. Il englobera autant de villages druzes que chrétiens « afin de promouvoir la réconciliation et les rapports entre les deux communautés ». Les projets, qui consistent à améliorer l'infrastructure municipale des régions, ont été soumis au Bureau de coopération italienne par la Fédération des municipalités du Haut-Chouf, à travers le Conseil du développement et de la reconstruction. Les axes de travail consisteront essentiellement à compléter la réhabilitation de l'infrastructure et à promouvoir le tourisme dans la région. Au total douze villages bénéficieront de ce programme.
« Ces deux programmes ont une même finalité, celle d'aider à préserver le Liban en tant que pays message, modèle de diversité et de pluralisme, insiste l'ambassadeur d'Italie, Gabriele Checchia. L'objectif que nous poursuivons depuis 2007 avec les autorités libanaises consiste à essayer d'inverser le phénomène de l'émigration par le biais d'interventions susceptibles d'améliorer les conditions de vie de la population et les opportunités de développement socio-économique dans les villages des cazas du Chouf et de Aley, qui ont été fortement touchés par le phénomène des déplacés et qui représentent un risque élevé d'émigration. »
De son côté, le directeur du Bureau de coopération italienne au Liban, Fabio Melloni, a précisé que les aides accordées par l'Italie au Liban ont dépassé les 185 millions d'euros. Ces aides ont permis de répondre aux besoins imminents de la population à travers des projets qui ont été exécutés sur l'ensemble du territoire libanais.


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