Alors que les uns Lui donnent raison sans être tout à fait d'accord avec le degré de Sa « punition » (« Dieu fait bien les choses, mais cette fois-ci il a eu la main très lourde »), les autres s'attardent sur le danger de catastrophes à venir plus graves encore (« Dans un élan destructeur, Dieu pourrait faire payer cher à notre peuple son aveuglement et sa folie »).
Il est surprenant que deux mille ans après, l'homme ne semble toujours pas avoir compris le message de Jésus-Christ essentiellement axé sur la libération de l'homme du joug de la servitude d'un Dieu dominateur. Le Christ se serait-il épuisé pour rien à corriger la fausse image d'un Dieu jaloux, destructeur, colérique pour la remplacer par celle du Père aimant, qui pardonne au lieu de punir, qui console au lieu de faire souffrir, qui accueille au lieu d'anéantir ? Dans la parabole de « l'enfant prodigue », est-ce le père qui a envoyé la famine pour punir son fils, ou bien l'avait-il attendu impatiemment pour le couvrir de baisers à son retour, sans même prendre la peine de le réprimander ?
Pourquoi après une telle libération de l'esprit, l'homme continue-t-il à se voir l'esclave d'un Dieu qui l'oblige à faire le bien au risque d'un déchaînement de Sa colère ? Pourquoi refuse-t-on toujours de croire à la totale liberté de l'homme, de la nature et du monde dans son ensemble ? Pourquoi ne pouvons-nous toujours pas accepter l'idée d'un Dieu présent dans notre vie sans pour autant qu'elle ne soit manipulée par Lui ? Avons-nous donc tellement peur de cette liberté qu'Il nous offre pour continuer ainsi à vouloir Le tenir responsable des actes et des événements de ce monde ?
Quels sont donc ces péchés innommables pour que Haïti ait subi de la sorte un déchaînement de la « colère divine » ? Avec un tel raisonnement, il ne devrait plus y avoir que ruines sur terre. Si la science nous a permis d'expliquer de façon précise le mécanisme des plaques tectoniques et la formation des tremblements de terre et autres volcans, pourquoi s'ingénie-t-on toujours à leur trouver une quelconque origine divine ?
Faut-il donc revenir à l'Ancien Testament ou aux textes mythologiques, où toutes les catastrophes du monde étaient justifiées par la colère des dieux ?
Et pourtant, ces croyances n'avaient nullement réussi à changer le cœur de l'homme.


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