Grands absents des podiums durant les championnats du monde, les Français créent toujours la surprise durant les Jeux en raflant l’or. À Vancouver, avec un Lizeroux en pleine forme, ils ont toutes les chances de rééditer l’exploit. Samuel Kubani/AFP
« La descente olympique, c'est devenu un truc incroyable ! Parce que nous sommes loin d'être la nation dominante... » souligne Maurice Adrait, une des figures de l'encadrement français, qui a vécu sept Jeux d'hiver.
En vitesse, les Autrichiens et les Suisses ont l'habitude de se partager les honneurs, alors que les Français ont leurs meilleurs spécialistes dans les disciplines techniques.
À Nagano, le sacre de l'Autrichien Hermann Maier ne faisait aucun doute. Mais les multiples reports du coup d'envoi de la descente jouent avec les nerfs des concurrents. « Bien sûr, on attendait tout sauf Cretier, raconte l'ancien entraîneur. Il était au sommet de son art et avait des skis très performants. »
Parti avec le dossard 3, le skieur de la Plagne déjoue tous les pronostics et devient, à 32 ans, le premier Français médaillé d'or en descente depuis Jean-Claude Killy. Maier, lui, est victime d'une chute spectaculaire, dont il sort miraculeusement indemne.
« Machine sur des skis »
Jean-Luc Cretier n'avait aucune victoire en Coupe du monde et n'en aura plus après. Carole Montillet, qui n'en compte alors qu'une à son palmarès, ne figure pas non plus dans le premier lot des favorites en 2002 à Salt Lake City. La skieuse de Villard-de-Lans, qui se surpasse, se couvre d'or à 28 ans et fera honneur à sa médaille d'or avec sept autres victoires en Coupe du monde.
Dans l'Utah, les Français frappent fort aussi en slalom avec le doublé Jean-Pierre Vidal (or) et Sébastien Amiez (argent). Le premier était attendu, l'autre pas.
Quatre ans plus tard, Jean-Pierre Vidal, qui vient de remporter le slalom de Kitzbühel, est encore grand favori aux Jeux de Turin. Mais il ne deviendra pas le premier skieur français à conserver son titre olympique. La veille du slalom, à Sestrières, le skieur se casse un bras à l'entraînement. « Ce sera la fin de sa carrière », souligne Maurice Adrait.
En Italie, c'est Antoine Dénériaz qui connaît son jour de grâce en descente, un an après s'être blessé à un genou à Chamonix. « Ce jour-là, c'était une machine sur des skis, se souvient Maurice Adrait. Tout le monde reconnaissait qu'Antoine dans ces années-là, sur certaines portions de piste, était redoutable. »
Les Jeux italiens sourient aussi à Joël Chenal. « En slalom géant, sa médaille d'argent était une réelle surprise, et il est passé près d'être champion olympique », estime Maurice Adrait. « Elle était d'autant plus belle qu'elle survenait quelques jours après la mort de Severino Bottero », l'entraîneur des géantistes victime d'un accident de la route.
Si l'équipe de France a connu de belles surprises, ses leaders ont connu aussi quelques désillusions. Luc Alphand, dernier vainqueur du classement général de la Coupe du monde, n'a jamais brillé dans les courses à médailles, ni aux Mondiaux ni aux JO.


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