D'autres y voient le cauchemar et la fin de toute une communauté. C'est en effet cela qui fait peur aux chrétiens qui voient leurs rangs se réduire comme peau de chagrin. C'est peut-être cela qui, au bout du compte, les divise.
Le Liban a une structure particulière : il est démocrate mais aussi multiconfessionnel. Il a un système politique complexe, basé sur un équilibre de force, qui tantôt penche d'un côté et tantôt de l'autre. D'où la nécessité d'avoir des alliés étrangers forts, arabes ou autres.
Abolir le confessionnalisme politique, cela commence par un approfondissement du sentiment religieux. Pour s'abstenir du religieux, il faudrait commencer par l'être... Il faudrait parvenir un jour à accepter la religion de l'autre sans qu'elle n'affecte notre propre croyance, à ne pas vouloir lui en imposer une, à ne pas chercher à le convertir. Être capable d'en discuter de manière rationnelle et admettre qu'en définitive, toutes les religions se valent aux yeux de Dieu. Ce jour-là, nous serons prêts à abolir le confessionnalisme politique.
Il y a donc beaucoup de chemin à faire, beaucoup de travail à réaliser avant d'en arriver là. Entre-temps, nous pouvons nous mettre d'accord sur un système politique particulier, un système cousu main qui convient aux Libanais. Un système qui permet aux politiciens de ne plus avoir besoin d'être soutenus par des puissances étrangères, car tout le monde sera tranquille et n'aura pas besoin de se sécuriser.
Pour que tout le monde soit content pendant que nous apprenons à mûrir notre acceptation de l'autre avec sa religion, ses habitudes et sa façon de vivre, nous devrions faire en sorte que toutes les communautés religieuses gouvernent le pays en se partageant à tour de rôle les tâches et les postes, chaque communauté ayant autant de droits que toutes les autres, quelle que soit son importance. Pour cela, il ne faudrait pas avoir une structure politique bien définie comme la démocratie, un régime présidentiel, un Parlement, etc. Bien au contraire, il serait bon d'accepter l'état actuel des choses et faire avec. Cet état actuel des choses montre que nous nous cachons derrière une coque démocratique lorsque nous sommes réellement encore régis par la mentalité de la loi tribale.
En effet, la sécurité communautaire fait que chacun de nous appartient à une tribu. Cette tribu est issue d'une religion, d'un village, d'une région.
Pourquoi ne pas profiter de cette réalité des choses et demander qu'il y ait un Conseil tribal au lieu d'avoir un président, des ministres et des députés ? Chaque communauté élit son représentant tribal. De cette façon, le peuple participe aux décisions politiques, mais le chrétien désigne son représentant chrétien et le musulman le sien. Comme cela, nous aurons eu des élections et maintenu l'équilibre des forces religieuses.
Chaque communauté sera préservée, quels que soient son nombre et sa situation.
Cela instaurerait un climat de confiance et de sécurité, condition nécessaire pour établir une ouverture intercommunautaire. L'acceptation de l'autre et l'abolition du confessionnalisme politique deviendraient à ce moment réalisables.
Je rêve ou quoi ?


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef