De tels scandales ne sont pas sans conséquence pour la place financière suisse, la troisième mondiale en termes de gestion de fortune, d'autant qu'elles pourraient donner des idées à d'autres employés peu scrupuleux, s'inquiète-t-on dans la Confédération où l'on craint une hémorragie de clients. « Qu'elles soient vraies ou non, il est clair que ces rumeurs atteignent la confiance », explique le fiscaliste genevois Philippe Kenel. Michel Dérobert se montre moins pessimiste : « Pour la clientèle d'avenir, le secret bancaire perd de son importance. Ce qu'elle cherche d'abord, c'est la stabilité de nos institutions », estime-t-il. En revanche, il ne fait pas de doute que cette affaire pèse à long terme sur les relations entre Berlin et Berne. D'autant que, selon le banquier, « l'Allemagne ne cherche pas de solution », ayant des intérêts plus politiques qu'économiques. « Si on compare les 100 millions d'euros de gains évoqués aux 86 milliards de déficit annuel allemand, c'est une goutte d'eau sur une pierre chaude », fait valoir M. Dérobert. En revanche, il y a, selon lui, une volonté manifeste « des autorités allemandes de s'adresser à leurs électeurs » car « montrer des banquiers suisses du doigt, cela gagne des voix ».
Économie - Fiscalité
Fraude : la colère gronde en Suisse
OLJ / le 03 février 2010 à 00h33
De tels scandales ne sont pas sans conséquence pour la place financière suisse, la troisième mondiale en termes de gestion de fortune, d'autant qu'elles pourraient donner des idées à d'autres employés peu scrupuleux, s'inquiète-t-on dans la Confédération où l'on craint une hémorragie de clients. « Qu'elles soient vraies ou non, il est clair que ces rumeurs atteignent la confiance », explique le fiscaliste genevois Philippe Kenel. Michel Dérobert se montre moins pessimiste : « Pour la clientèle d'avenir, le secret bancaire perd de son importance. Ce qu'elle cherche d'abord, c'est la stabilité de nos institutions », estime-t-il. En revanche, il ne fait pas de doute que cette affaire pèse à long terme sur les relations entre Berlin et Berne. D'autant que, selon le banquier, « l'Allemagne ne cherche pas de solution », ayant des intérêts plus politiques qu'économiques. « Si on compare les 100 millions d'euros de gains évoqués aux 86 milliards de déficit annuel allemand, c'est une goutte d'eau sur une pierre chaude », fait valoir M. Dérobert. En revanche, il y a, selon lui, une volonté manifeste « des autorités allemandes de s'adresser à leurs électeurs » car « montrer des banquiers suisses du doigt, cela gagne des voix ».

