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Économie - Fiscalité

Fraude : la colère gronde en Suisse

Un vent de colère et de contestation soufflait hier sur la Suisse où banquiers et politiques s'insurgent contre le rachat par l'Allemagne de données sur 1 500 contribuables ayant des comptes secrets dans la Confédération helvétique. Pour de nombreux observateurs suisses, cette nouvelle salve de Berlin relève plus des intérêts économiques et de politique interne que d'une attaque frontale contre le secret bancaire helvétique déjà bien écorné. Et risque de porter une ombre à long terme sur les relations entre les deux pays. « C'est une guerre économique déguisée en croisade fiscale », s'insurgeait ainsi le député du parti populiste de droite (UDC) Yves Nidegger cité dans Le Matin. « Les pays européens nous font la morale alors que tout ce qu'ils veulent c'est s'enrichir », renchérissait le député libéral Christian Lüscher. Le responsable de la communication de l'Association des banquiers suisses, Jean-Marc Felix, a expliqué : « En général, pendant et après une crise, les pays ont besoin d'argent et on peut comprendre qu'ils essaient d'en trouver absolument... Mais cela ne justifie pas un acte criminel qui est de voler des données », a-t-il assené. La colère était d'autant plus forte parmi élus et financiers que tous ont conscience que la Suisse ne dispose que d'une marge de manœuvre très limitée pour empêcher l'Allemagne d'utiliser la liste, qui pourrait lui permettre de récupérer au moins 100 millions d'euros.
De tels scandales ne sont pas sans conséquence pour la place financière suisse, la troisième mondiale en termes de gestion de fortune, d'autant qu'elles pourraient donner des idées à d'autres employés peu scrupuleux, s'inquiète-t-on dans la Confédération où l'on craint une hémorragie de clients. « Qu'elles soient vraies ou non, il est clair que ces rumeurs atteignent la confiance », explique le fiscaliste genevois Philippe Kenel. Michel Dérobert se montre moins pessimiste : « Pour la clientèle d'avenir, le secret bancaire perd de son importance. Ce qu'elle cherche d'abord, c'est la stabilité de nos institutions », estime-t-il. En revanche, il ne fait pas de doute que cette affaire pèse à long terme sur les relations entre Berlin et Berne. D'autant que, selon le banquier, « l'Allemagne ne cherche pas de solution », ayant des intérêts plus politiques qu'économiques. « Si on compare les 100 millions d'euros de gains évoqués aux 86 milliards de déficit annuel allemand, c'est une goutte d'eau sur une pierre chaude », fait valoir M. Dérobert. En revanche, il y a, selon lui, une volonté manifeste « des autorités allemandes de s'adresser à leurs électeurs » car « montrer des banquiers suisses du doigt, cela gagne des voix ».

Un vent de colère et de contestation soufflait hier sur la Suisse où banquiers et politiques s'insurgent contre le rachat par l'Allemagne de données sur 1 500 contribuables ayant des comptes secrets dans la Confédération helvétique. Pour de nombreux observateurs suisses, cette nouvelle salve de Berlin relève plus des intérêts économiques et de politique interne que d'une attaque frontale contre le secret bancaire helvétique déjà bien écorné. Et risque de porter une ombre à long terme sur les relations entre les deux pays. « C'est une guerre économique déguisée en croisade fiscale », s'insurgeait ainsi le député du parti populiste de droite (UDC) Yves Nidegger...
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