Détente au domicile du révérend Sarkissian, en présence de Harès Chéhab, Mohammad Sammak, Véronique Brumeaux, consule générale de France, Robert Sarkissian, Denise Haddad, Mme Sarkissian et Jean Salmanian.
L'office religieux a été conduit par le pasteur Robert Sarkissian, en présence de délégués des Églises arméniennes catholique et orthodoxe, des membres du Comité national pour le dialogue, Harès Chéhab, Mohammad Sammak, Abbas Halabi et Jean Salmanian, de la consule générale de France, Véronique Brumeaux, de la déléguée au Conseil supérieur des Français de l'étranger, Denise Haddad, et de nombreux amis, religieux et religieuses catholiques.
Dans son message central, Mgr Rahi a dénoncé la division persistante des chrétiens. « Le contre-témoignage, qui se manifeste tant dans l'état de division et de conflit que dans le manque de charité et de réconciliation, prive le rôle des chrétiens dans leurs sociétés de son efficacité, et discrédite leur mission », a-t-il affirmé, crûment.
Au contre-témoignage de la division, Mgr Rahi a opposé le témoignage de l'union, « particulièrement nécessaire de nos jours, parce que, comme l'a dit Jean-Paul II, l'homme contemporain croit plus les témoins que les maîtres, l'expérience que la doctrine, la vie et les faits que les théories ».
Et Mgr Rahi de conclure par une prière qui ressemble beaucoup à une confession : « Seigneur, pardonne notre peu de foi dans l'efficacité de la prière, notre négligence de devoir œuvrer pour l'unité à l'intérieur de notre propre communauté et avec les autres, notre manque d'engagement dans le témoignage de vie et de mission, notre inertie devant la violence, l'injustice, l'inégalité et les divisions, nos préjugés et nos méfiances envers ceux qui sont différents dans leur culture et leur foi. »
Inchallah !
Trois des membres du Comité national pour le dialogue islamo-chrétien, Harès Chéhab et Mohammad Sammak, ses deux co-secrétaires, et Abbas Halabi, devaient également brièvement intervenir durant le service religieux.
« Vous pouvez vous demander si la participation d'un musulman à une rencontre de prière pour l'Unité des chrétiens est la simple expression d'une courtoisie sociale (...) ou si elle déborde pour exprimer une réelle conviction quant à l'importance de cette unité et des valeurs qu'elle symbolise », a affirmé Mohammad Sammak, avant de répondre à cette question en soulignant que l'islam est également confronté à cette difficile, et néanmoins noble, recherche de l'unité.
Pour sa part, M. Chéhab devait se faire l'écho du scepticisme que soulève auprès de l'opinion toute démarche de dialogue, face à la maigreur des fruits qui en résultent. « Malheureusement, le succès du dialogue n'est pas garanti. Bonne chance, nous répètent les personnes qui se sentent concernées par notre action, on vous souhaite beaucoup de succès... peut-être dans mille ans, inchallah ! »
« Certes, a-t-il ajouté, nous ne savons que trop, nous-mêmes, qu'il y a un fossé qui sépare les discours et la pratique, au niveau populaire. »
Pourtant, a-t-il conclu, « nous sommes déterminés au Liban à aller de l'avant, chrétiens et musulmans, pour consolider notre vie commune et affronter, ensemble, les menaces représentées par les courants extrémistes, le fanatisme, l'intégrisme, le fléau du terrorisme qui refusent le droit à la différence. Conscients des difficultés, nous sommes quand même décidés à faire réussir notre message de vie commune dans l'amour et la tolérance et plus que jamais nous avons besoin de notre unité ».
Enfin, relevant les diverses appartenances qui marquent tout homme, Abbas Halabi devait encourager « les chrétiens à travailler pour leur unité, les Libanais à travailler pour la coexistence et les hommes de bonne volonté à travailler ensemble pour la paix ».
Il n'y a probablement aucune force au monde qui puisse résister à l'amitié. C'est cela le message du culte célébré chaque année en l'Église protestante française. Là où le dogme sépare, là où les souvenirs douloureux, avivés par la politique, continuent de diviser, la simple amitié franchit allègement les obstacles, comme devait le prouver, après le culte, les retrouvailles traditionnelles et joyeuses au domicile du pasteur Sarkissian.


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