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Liban

Crash d’Ethiopian Airlines : le Liban à la recherche de réponses

Le Premier ministre Saad Hariri, les ministres Ghazi Aridi, Ziyad Baroud, Mohammad Jawad Khalifé, ainsi que les généraux Jean Kahwagi et Achraf Rifi, à bord d’un hélicoptère qui a inspecté le site du crash, en attendant que la carlingue de l’appareil soit exactement repérée. Photo STR

Le Liban tentait toujours, hier, de déterminer les circonstances du crash de l'avion d'Ethiopian Airlines survenu la veille, et notamment la raison pour laquelle l'appareil, avec 90 personnes à bord, dont 54 Libanais, n'a pas changé de trajectoire peu après le décollage, pour contourner un orage, conformément à des instructions reçues de la tour de contrôle.
La recherche des boîtes noires, élément-clé pour expliquer ce drame qui n'a fait officieusement aucun survivant, vont se poursuivre durant la nuit de mardi à mercredi, a indiqué un porte-parole de l'armée.
« Les recherches se concentrent sur une zone de 35 km2 au large de Khaldé », au sud de l'aéroport de Beyrouth, a indiqué de son côté le ministre des Transports Ghazi Aridi.
« Il n'y aura aucune réponse tant que nous n'aurons pas retrouvé les boîtes noires », a souligné le ministre.
Nombre de proches des victimes reprochent aux autorités aéroportuaires d'avoir donné le feu vert au décollage alors que les conditions météo étaient très mauvaises. Mais on soulignait de source ministérielle que «d'autres avions ont atterri et décollé avant et après le Boeing », sans problèmes.
Le PDG d'Ethiopian Airlines, Girma Wake, a déclaré à l'AFP que l'avion, en service depuis 8 ans, avait subi son dernier contrôle technique le 25 décembre et qu'aucun problème n'avait été décelé.

Hypothèses
« Le temps orageux ne peut être la seule explication de cette catastrophe », a affirmé de son côté le capitaine Mohammad Houmani, président du syndicat des pilotes de la Middle East Airlines (MEA).
« Le moteur ne lui a peut-être pas permis d'aller dans la direction voulue, ou il y a peut-être eu un problème d'hydraulique, mais on ne peut pas se lancer dans des hypothèses avant la découverte des boîtes noires », a-t-il précisé.
D'après le capitaine Habib Karam, ancien président de ce syndicat, l'avion aurait pu entrer dans un cumulonimbus, ce qui a pu le déstabiliser. « Si le pilote entre dans ce type de nuage, c'est fini », a-t-il avancé.
Pour Vincent Favé, expert aéronautique français, « en cas de gros orage, des rafales verticales très importantes au cœur d'un nuage ont une conséquence directe sur la maniabilité de l'avion parce que la vitesse de l'avion va évoluer et éventuellement l'appareil peut décrocher ».
Selon un communiqué d'Ethiopian Airlines, le pilote, dont le nom n'est pas précisé, « avait 20 ans d'expérience et connaissait très bien l'appareil », un Boeing 737.
Des témoins ont raconté avoir vu une boule de feu plonger dans la mer, mais les autorités et la compagnie éthiopienne ont écarté « tout acte de sabotage » ou « terroriste ». S'il y avait eu une explosion à bord, a précisé le ministre des Transports, Ghazi Aridi, nous aurions découvert des débris de l'avion éparpillés à des kilomètres à la ronde, ce qui n'est pas le cas. »

Visibilité réduite
Les recherches, menées notamment par le USS Ramage et un navire privé équipés de sonars, ont permis de circonscrire l'espace probable où l'appareil s'est écrasé. Mais le lieu précis où la carlingue gît n'avait pas encore été repéré hier. Des équipements spécialisés pouvant aller jusqu'à 300 mètres de fond sont utilisés pour la retrouver. Avec l'amélioration des conditions météo, les recherches ont été intensifiées, mais la tâche des équipes d'hommes-grenouilles était toujours entravée hier par le manque de visibilité due à l'eau encore boueuse du fond marin.
Par ailleurs, des embarcations légères de l'armée patrouillent en permanence sur les lieux, pour retrouver d'éventuels survivants. « Mais il est très difficile d'imaginer qu'il y en ait », a indiqué un haut responsable de sécurité.
Quelques débris, dont une partie de l'aile gauche de l'appareil et des étagères des toilettes, ont été retrouvés par la marine, sur la côte de Ramlet el-Baïda et au large de Raouché.
Le Premier ministre, accompagné d'un certain nombre de ministres et des commandants de l'armée et de la gendarmerie, a effectué à nouveau un survol en hélicoptère du site où s'est abîmé le Boeing 737.

Enquête
Des membres de plusieurs commissions parlementaires se sont réunis hier, à l'aéroport, avec des responsables de l'Aviation civile, pour recueillir des données pouvant aider à identifier les causes de la catastrophe.
De son côté, le directeur de l'Aviation civile, Hamdi Chok, s'est réuni avec les membres d'une délégation éthiopienne arrivée la veille, pour participer à l'enquête visant à déterminer les causes de la catastrophe.
La délégation a ensuite été conduite sur la côte, face au site présumé du crash, et a rencontré des officiels qui lui ont communiqué les données disponibles. Pour sa part, le ministre éthiopien des AE, Seyoum Mesfin, est attendu aujourd'hui à Beyrouth.
Deux enquêteurs du Bureau français d'enquêtes et d'analyses (BEA) pour la sécurité de l'aviation civile sont arrivés sur place pour se joindre à l'enquête, tandis que Washington a annoncé que des experts du Conseil national de la sécurité des transports (NTSB) seraient dépêchés cette semaine.
Quatorze corps ont été repêchés jusqu'à présent, dont ceux de deux enfants. À ce jour, seul le corps de l'un d'entre eux, identifié avec certitude, a été remis à ses proches. Plusieurs des corps repêchés appartiennent à des Éthiopiennes. Parmi les passagers, rappelons-le, se trouvait Marla Sanchez Pietton, l'épouse de l'ambassadeur de France au Liban, Denis Pietton.

Objectivité
Pour ménager les parents des victimes, le commandement de l'armée a fermement conseillé aux médias de faire preuve « d'objectivité » et déploré « la diffusion de nouvelles non basées sur des informations et des données émanant des instances autorisées ».
Dans le but de désengorger l'hôpital Rafic Hariri, où sont centralisés les corps repêchés et les premières données génétiques recueillies par les médecins, les FSI ont demandé aux parents de personnes disparues de se présenter à la caserne Hélou, pour les prélèvements nécessaires.
Les expertises sur l'ADN sont faites indépendamment par les services anthropométriques des FSI et le ministère de la Santé, un tel travail présentant de meilleures garanties de précision, selon le ministre de la Santé.
Le Liban tentait toujours, hier, de déterminer les circonstances du crash de l'avion d'Ethiopian Airlines survenu la veille, et notamment la raison pour laquelle l'appareil, avec 90 personnes à bord, dont 54 Libanais, n'a pas changé de trajectoire peu après le décollage, pour contourner un orage, conformément à des instructions reçues de la tour de contrôle.La recherche des boîtes noires, élément-clé pour expliquer ce drame qui n'a fait officieusement aucun survivant, vont se poursuivre durant la nuit de mardi à mercredi, a indiqué un porte-parole de l'armée.« Les recherches se concentrent sur une zone de 35 km2 au large de Khaldé », au sud de l'aéroport de Beyrouth, a indiqué de son...
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