Une amélioration de la conjoncture plus forte que prévu.
Dans la zone euro, la prévision a été rehaussée à 1,0 % (contre 0,3 % précédemment), grâce principalement à l'Allemagne (1,5 %, contre 0,3 %) et également à la France (1,4 %, contre 0,9 %), tandis que l'Espagne resterait en récession (-0,6 %).
Pour le Japon, la prévision de croissance a été laissée inchangée à 1,7 %. En revanche, le FMI a nettement relevé celles de la Russie (3,6 %, contre 1,5 % auparavant), de l'Inde (7,7 %, contre 6,4 %) et du Brésil (4,7 %, contre 3,5 %).
L'amélioration récente de la conjoncture a été plus forte que ne le pariait le FMI, qui a cité la consommation américaine et le rebond des économies émergentes parmi les meilleures surprises. Mais pour l'institution internationale, la période est délicate pour les gouvernements. Ils « font face à une tâche gigantesque : ils doivent rééquilibrer la demande en faveur du secteur privé et non plus du secteur public (...) tout en remettant en état le secteur financier ». La croissance dépendant du soutien des mesures de relance dans les pays développés, cela justifie pour le FMI de « soutenir la reprise là où elle n'est pas encore fermement enclenchée ». Précisément, « les mesures de relance budgétaire prévues pour 2010 doivent être exécutées intégralement ». Mais dans le même temps, le FMI insiste sur la nécessité d'« avancer dans la conception et la communication de stratégies de sortie crédibles », avec pour objectif de remettre la dette et le déficit publics sur le bon chemin. « Les investisseurs opèrent de plus en plus de distinctions entre les pays », pénalisant ceux « aux prises avec des déficits et des dettes publics considérables », a-t-il prévenu. Et d'après lui, « l'inquiétude croissante concernant la dégradation des situations budgétaires et la viabilité des finances publiques pourrait déstabiliser les marchés financiers et enrayer la reprise, en rehaussant le coût de l'emprunt pour les ménages et les entreprises ».
Le FMI avait estimé en novembre qu'en moyenne, dans les « économies développées du G20 », les déficits publics allaient peu diminuer en 2010, passant à 8,7 % du PIB, uniquement grâce à l'arrêt des mesures de soutien au secteur financier, et que la dette allait franchir la barre de 100 % du PIB pour la première fois. D'autres facteurs pourraient « freiner la reprise dans les économies avancées », a énuméré le Fonds, comme « le niveau élevé du chômage », ou encore « l'existence de systèmes financiers qui ne sont pas encore complètement rétablis et, dans certains pays, la fragilité des bilans des ménages ».
La santé du secteur bancaire reste aussi une source d'inquiétude. Les banques devront probablement « mobiliser beaucoup plus » de capital « pour contribuer à la reprise du crédit et entretenir la croissance », d'après le FMI.


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