Sur scène, Charlotte parmi ses antiquités.
Dans ce spectacle donné au théâtre Signature (situé non loin de Washington). Le rideau s'ouvre sur le salon de Charlotte von Mahlsdorf, grande collectionneuse de mobiliers et d'objets de l'époque wilhelmienne (avant la Première Guerre mondiale). Ambiance cosy et musique grésillante émise par un vieux phonographe. Sciemment réaliste, la mise en scène reprend avec fidélité les éléments de la vie quotidienne de l'héroïne. Elle est magnifiquement réincarnée par Andrew Long qui réussit là une intense performance et qui marque un autre point en campant également les personnages qui ont traversé son existence: son père, sa tante, les officiers SS et ceux de la Stasi, les reporters et même l'auteur de la pièce qui l'avait interviewée.
Né Lothar Berfelde
«Charlotte» est né Lothar Berfelde, en 1928, jeune garçon se sentant plus femme qu'homme et qui part vivre chez son oncle dès l'adolescence avant de revenir, en 1944, tuer son père (qui voulait faire de lui un militaire). Emprisonné, il sera libéré lors du bombardement de la prison de Berlin. Il se fait alors une nouvelle vie. Celle de Charlotte von Mahlsdorf, collectionneuse avertie, qui récupère les meubles qu'elle trouve dès 1945. Resté à l'Est après la partition de Berlin, Charlotte von Mahlsdorf devient informateur pour la Stasi. Véritable agent secret pour les uns, affabulateur pour les autres, il suscite une controverse après la réunification de l'Allemagne et l'ouverture des archives de la RDA. De même que la Croix du mérite, qui lui fut remise en 1992, déclenche une vive polémique. Par la suite, victime d'une agression homophobe, Charlotte von Mahlsdorf ferme le musée qu'il avait créé pour présenter sa collection (premier musée privé de RDA) et s'installe en Suède en 1997.
Avec recul et mordant, cette pièce biographique se concentre sur l'histoire politique contemporaine de l'Allemagne et les débats qu'elle suscite, mais également sur le processus de conservation du souvenir. Elle s'articule autour d'un personnage qui s'impose par sa complexité et sa versatilité autant que par son homosexualité et son excentricité.
Décédé en 2002, lors d'une visite à Berlin, ce travesti a laissé une impressionnante collection d'objets et de meubles. Depuis 2004, ils sont de nouveau réunis dans sa maison-musée de Mahlsdorf. Il avait rédigé son autobiographie intitulée Je suis ma propre épouse.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine