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Liban

Les plages d’Ouzaï passées au peigne fin

Déployés dès l'aube sur le littoral libanais, l'armée et les plongeurs de la Défense civile ont récupéré des débris de l'avion de la Ethiopian Airlines. De nombreux curieux ont fait le déplacement pour assister à l'opération.

Dans ces débris retrouvés, une poupée. Joseph Eid/AFP

Le trottoir longeant la plage d'Ouzaï est noir de monde. De part et d'autre de la route littorale, à la sortie du tunnel, des voitures sont garées à proximité de véhicules militaires, de voitures de la Défense civile, de camions de pompier ou d'ambulances en nombre important. La circulation est lente, les badauds nombreux, malgré les embruns et le vent froid qui leur fouettent le visage. Ils observent les éléments de l'armée, alignés debout sur le rivage, le regard tourné vers la mer, à la recherche d'éventuels débris de l'avion ou même de corps humains. Parmi les badauds, beaucoup de jeunes, des familles aussi, notamment un couple avec son petit garçon portant encore son tablier d'école. Depuis que des individus ont réussi à ramasser et à s'approprier des débris de l'avion quelques heures plus tôt, nul n'a l'autorisation de s'approcher de la plage. Une plage tellement sale et pleine d'immondices qu'il est difficile de faire la différence entre les poubelles et les restes de l'avion. Mais les soldats font preuve de vigilance.
Quelques centaines de mètres plus loin, face à la piste d'atterrissage de l'aéroport international Rafic Hariri, des plongeurs de l'armée attendent visiblement un ordre de mission. Une digue est, elle aussi, la proie de badauds surexcités qui font de grands signes de la main. Ils espèrent ainsi attirer l'attention des forces de l'ordre sur un objet non identifié qui surnage à proximité des rochers. Rapidement sur place, les soldats s'affairent avant de constater qu'il s'agit d'une... carcasse de chien, flottant au milieu d'une flaque d'immondices en tout genre. Leur attention est aussitôt détournée vers un objet noir qui émerge des vagues, à quelques centaines de mètres du rivage, repéré par des badauds. Muni d'une paire de jumelles, debout sur la digue, un soldat scrute l'horizon. Il interrompt sa tâche lorsqu'il constate qu'un hélicoptère de la Finul tournoie lentement et à basse altitude au-dessus de l'objet en question sans s'attarder.

Mauvais temps
Plusieurs hélicoptères sillonnent d'ailleurs la mer, en différents points, à la recherche d'éventuels survivants, de corps ou de débris d'avion. Des barges militaires et des avions participent aux recherches. « Nous sommes à pied d'œuvre depuis l'aube et avons réussi à ramasser des débris d'avion, notamment des bouts d'aile et une quinzaine de coussins, à proximité des ruines », lance le soldat, l'air grave. Déployée tout le long du littoral au sud de Beyrouth, la troupe a passé la région au peigne fin. Des valises, effets personnels des voyageurs et débris de l'avion se sont aussi échoués sur le rivage.
Mais la tâche est ardue. La mer est très démontée. « Ils ne trouveront pas grand-chose par ce mauvais temps », estime un membre de la Défense civile, observant que les recherches donneront de meilleurs résultats lorsque le temps s'améliorera. Il craint d'ailleurs qu'il n'y ait pas de survivants. « Si l'avion a explosé en plein vol, comme ils le disent, comment peut-il y avoir des survivants ? » se demande-t-il. Une supposition qui s'ajoute à celles des curieux, en l'absence d'une version officielle définitive du drame.
Vers 14h30, un avion militaire de la US Air Force atterrit. Les commentaires et les questions fusent. On commente aussi l'arrivée prochaine de la 6e flotte qui va apporter son assistance. Mais rapidement, c'est vers les opérations de recherche en mer que chacun se retourne.
Le trottoir longeant la plage d'Ouzaï est noir de monde. De part et d'autre de la route littorale, à la sortie du tunnel, des voitures sont garées à proximité de véhicules militaires, de voitures de la Défense civile, de camions de pompier ou d'ambulances en nombre important. La circulation est lente, les badauds nombreux, malgré les embruns et le vent froid qui leur fouettent le visage. Ils observent les éléments de l'armée, alignés debout sur le rivage, le regard tourné vers la mer, à la recherche d'éventuels débris de l'avion ou même de corps humains. Parmi les badauds, beaucoup de jeunes, des familles aussi, notamment un couple avec son petit garçon portant encore son tablier d'école. Depuis que des...
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