Sur cette photo d'archives, le chef des rebelles chiites zaïdites du nord du Yémen, Abdel Malek al-Houthi. Photo Reuters
Cette initiative intervient au lendemain de l'annonce par les rebelles zaïdites de la mort de 34 personnes, en majorité des femmes et des enfants, dans des raids de l'aviation saoudienne dans la zone frontalière. Ni ces raids ni le bilan des victimes avancé par les insurgés ne peuvent être vérifiés de source indépendante. L'armée saoudienne a pour sa part perdu plus de cent hommes dans les combats.
L'Arabie saoudite s'est engagée dans les combats entre les rebelles zaïdites et l'armée yéménite après la mort le 3 novembre d'un garde-frontière saoudien tué par des rebelles infiltrés en territoire saoudien. Le 22 décembre, un responsable saoudien avait indiqué que le gros des opérations contre les rebelles yéménites qui se sont infiltrés, selon lui, en territoire saoudien avait pris fin. Le lendemain, les rebelles yéménites avaient proposé de se retirer du territoire saoudien à condition que l'armée saoudienne cesse de les attaquer, une proposition qui a été ignorée par Riyad. Les rebelles accusent pour leur part l'Arabie saoudite de continuer à bombarder systématiquement leurs positions en territoire yéménite.
Des combats opposent l'armée yéménite et les rebelles zaïdites, issus d'une branche du chiisme, par intermittence depuis 2004. Les derniers affrontements avaient repris le 11 août dernier, quand l'armée a lancé une offensive d'envergure contre ces rebelles dans les provinces du nord du pays, frontalières de l'Arabie saoudite.
Par ailleurs, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a estimé hier que la situation humanitaire est « plus grave que jamais » dans le nord du pays. « Le conflit a été trop longtemps négligé. La pauvreté, et la pénurie d'eau et de nourriture ne font qu'aggraver la situation », a expliqué le directeur adjoint des opérations au CICR, Dominik Stillhart, à son retour du Yémen.
Quelque 200 000 personnes ont été déplacées depuis le début des combats entre rebelles et forces gouvernementales dans le nord du pays en 2004, qui se sont ravivés en août 2009, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). « Si des mesures ne sont pas prises immédiatement pour renverser cette tendance, le nord du Yémen pourrait sombrer dans une crise humanitaire durable », a prévenu M. Stillhart.
Vingt et un pays, dont les États-Unis, doivent se réunir demain à Londres afin d'assurer le Yémen de leur soutien dans ses efforts pour contrer la menace d'el-Qaëda, mise en évidence par l'attentat manqué contre un vol entre Amsterdam et Detroit le 25 décembre 2009.

