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Liban - La Situation

Amendera, amendera pas ? Le brouillard sur la séance parlementaire reste total

Au centre de la polémique qui va sans doute continuer à agiter la classe politique ce matin, mais cette fois place de l'Étoile : l'amendement de l'article 21 de la Constitution. C'est cet article, l'un des plus courts sans doute de toute la Loi fondamentale et selon lequel « est électeur tout citoyen libanais âgé de 21 ans révolus, remplissant les conditions prévues par la loi électorale », qui devra être amendé - puisque l'âge du droit de vote devrait être ramené à 18 ans - si toutefois le quorum et surtout la volonté politique qui va avec parviennent à être assurés.
Aujourd'hui dans l'hémicycle, il faudra donc que des ondes positives viennent égayer un peu le climat politique assez tendu qui prévaut actuellement, après une période relativement sereine mais durant laquelle, il faut le dire, la véritable action politique n'avait pas encore démarré. Il est temps d'amender la Constitution, et cela réveille inévitablement les vieux démons, ainsi que toutes les craintes et appréhensions. Pour motiver et justifier leur proposition, les députés n'ont pas hésité, il faut le rappeler, à parler à la place des jeunes, sous prétexte d'être leur « porte-voix ». Ces derniers, aujourd'hui au centre d'une polémique politico-électorale presque kafkaïenne, sont loin d'être dupes. Une fois que chaque courant politique aura obtenu - ou pas - gain de cause, ce soudain intérêt pour les jeunes et leurs droits en tant que citoyens regagnera très vite les oubliettes de l'histoire... et ce sans doute jusqu'à la prochaine échéance électorale.
Pour rappel, la tension politique actuelle résulte de plusieurs facteurs. En principe, le schéma serait le suivant : la majorité au pouvoir se dit pour le vote des émigrés libanais et l'octroi de la nationalité aux émigrés d'origine libanaise (deux problèmes néanmoins distincts et qui n'ont en principe aucun lien avec les élections municipales car l'intérêt des émigrés pour les municipales serait, de facto, très limité), pendant que la minorité serait pour l'abaissement de l'âge des électeurs. L'idée de base a consisté un temps à effectuer un échange de bons procédés et à voter les deux lois simultanément. Or un premier couac est venu gripper l'harmonie parlementaire puisque, de toute évidence, le secrétariat général du Parlement a affirmé hier soir que « si la loi octroyant la nationalité aux expatriés n'est pas à l'ordre du jour, c'est bien parce que la commission parlementaire de la Défense et des Municipalités n'a pas fini de l'examiner ». En clair, cette loi n'est pas aujourd'hui à l'agenda du Parlement, contrairement à celle prévoyant l'amendement de l'article 21 de la Constitution.
D'où le malaise. Un malaise non seulement entre la majorité et la minorité, mais également au sein de la minorité elle-même, puisque c'est quasiment un clash qui a éclaté entre Nabih Berry et Michel Aoun à ce sujet. Ce dernier se demandait durant le week-end, via la chaîne de télévision OTV, « pourquoi, alors que les commissions ont fini d'examiner la loi sur la nationalité le 6 avril 2009, c'est la loi sur l'abaissement de l'âge électoral qui a été mise à l'ordre du jour, alors que cette dernière a été examinée plus d'un mois et demi après le 6 avril 2009 ». Hier soir, Ibrahim Kanaan et Ali Hassan Khalil s'ingéniaient à recoller les morceaux entre les deux alliés, notamment après une intervention du Hezbollah. Hier après-midi, Neemtallah Abi Nasr a de son côté mis en garde contre un défaut de quorum pour la tenue de la séance d'amendement si l'abaissement de l'âge électoral n'est pas voté en même temps que l'octroi de la nationalité aux expatriés. Ayoub Hmayed qualifiait de son côté la journée d'aujourd'hui de « test » qui démontrera « qui prend vraiment à cœur la cause des jeunes ». La chaîne de télévision al-Manar soulignait hier soir que « le climat de la séance parlementaire ne sera pas connu avant le dernier quart d'heure, lorsque le résultat des bons offices effectués entre Rabieh et Aïn el-Tiné sera connu ».
Même au sein de la majorité, le rejet de l'abaissement de l'âge électoral n'est pas unanime. Ainsi le député Nabil de Freige a-t-il fait savoir qu'il saluait un tel amendement de la loi, mais que le problème réside dans le fait qu'il sert actuellement de « prétexte afin de reporter les municipales ». Il a toutefois nié qu'il y ait une volonté délibérée de ne pas assurer le quorum à la séance d'aujourd'hui. Le parti Kataëb a appelé hier soir, au terme d'une réunion exceptionnelle de son bureau politique, à « mettre en place un package deal complet concernant les municipales, qui comprendrait l'abaissement de l'âge du droit de vote, le vote des émigrés et l'octroi de la nationalité aux expatriés », sans dévoiler la position que le parti adopterait aujourd'hui au sein de l'hémicycle.
Interrogé en soirée, un député de la majorité affirmait ne pas être au courant de ce qui était en train d'être mijoté au niveau de la réconciliation Berry-Aoun, pendant qu'un ancien député estimait difficile qu'un amendement de la Constitution ait lieu aujourd'hui place de l'Étoile, parce qu'il y a « pratiquement 280 000 noms à inscrire sur les listes électorales ». Il convient de souligner dans ce cadre que l'amendement constitutionnel devra se faire à la majorité des deux tiers et qu'il faudra donc que 86 députés approuvent cet amendement ce matin.
Et l'ancien député de rappeler qu'il ne sert à rien de procéder à des amendements de dernière minute car « en démocratie, les échéances électorales sont fixées à l'avance justement pour pouvoir obtenir un instantané de l'opinion des électeurs à ce moment-là. S'atteler à procéder à des amendements ou chercher un moyen d'ajourner l'échéance serait en fait un moyen d'en fausser les résultats, car cela signifierait que les responsables politiques cherchent à organiser les élections à un moment qui leur est avantageux politiquement. Or la démocratie ce n'est pas cela ». En clair, les institutions ont prévu des rouages dont la mission est de préserver la bonne santé démocratique du système et de donner une image aussi fidèle que possible de l'opinion des électeurs.
Au centre de la polémique qui va sans doute continuer à agiter la classe politique ce matin, mais cette fois place de l'Étoile : l'amendement de l'article 21 de la Constitution. C'est cet article, l'un des plus courts sans doute de toute la Loi fondamentale et selon lequel « est électeur tout citoyen libanais âgé de 21 ans révolus, remplissant les conditions prévues par la loi électorale », qui devra être amendé - puisque l'âge du droit de vote devrait être ramené à 18 ans - si toutefois le quorum et surtout la volonté politique qui va avec parviennent à être assurés.Aujourd'hui dans l'hémicycle, il faudra donc que des ondes positives viennent égayer un peu le climat...
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