Une polémique s'est engagée hier à ce sujet entre le Bloc parlementaire de la réforme et du changement, et le président de la Chambre, Nabih Berry, alors que des contacts étaient entrepris aux niveaux parlementaire et politique pour obtenir un ajournement de l'examen de ce texte et préserver ainsi l'entente politique dans le pays.
Des députés de la majorité et de l'opposition, notamment au sein du Bloc de la réforme et du changement, estiment que l'abaissement de la majorité électorale devrait être associé au lancement du processus permettant aux émigrés de récupérer la nationalité libanaise et, par voie de conséquence, de prendre part aux législatives du moment que le principe du vote des émigrés a été retenu.
Mais la confiance est loin de prévaloir. Les parlementaires redoutent que le texte relatif à la majorité électorale ne soit voté et que le président de la Chambre ne garde dans ses tiroirs la proposition de loi relative aux émigrés.
Dans une interview accordée à la OTV, le chef du CPL, le général Michel Aoun, a relevé qu'une proposition de loi en ce sens avait été soumise au bureau de la Chambre un mois et demi avant le projet de loi relatif à la majorité électorale. Il s'est interrogé sur le point de savoir pourquoi la priorité a été accordée au deuxième texte, estimant qu'il faudrait également savoir comment l'abaissement de la majorité électorale se traduira en chiffres et de quelle manière il se répercutera sur la carte électorale libanaise.
M. Berry a immédiatement réagi à ces propos. En soirée, son bureau de presse a publié un communiqué accusant le chef du CPL d'essayer d'« échapper aux municipales ». Le texte reproche au général Aoun de s'enquérir du timing du vote de la majorité électorale « comme il l'avait fait lorsque la mise en place du comité chargé d'abolir le confessionnalisme politique avait été proposée ». « Nous avons à maintes reprises essayé de répondre aux attaques du général Aoun en expliquant que nous ne faisons qu'appliquer la Constitution et le règlement intérieur de la Chambre, au point que certains, dont le chef du CPL lui-même, ont pensé que nous sommes incapables de lui répondre directement », a indiqué le bureau de presse de M. Berry. Et d'ajouter : « Du moment qu'il s'est adressé à nous à travers les médias, nous ferons de même et nous lui dirons que nous avons inscrit le projet d'abaisser la majorité électorale (à l'ordre du jour de la séance) parce que la Chambre, dont vous faites partie, a approuvé une proposition de loi qui avait été soumise initialement au Conseil des ministres, lequel l'avait à son tour approuvée et renvoyée sous forme de projet de loi au Parlement. » Et s'il s'est hâté de le faire figurer à l'ordre du jour de la réunion de lundi, « c'est à cause de l'approche de la date des élections municipales auxquelles vous essayez d'échapper ». « Le Parlement n'a pas l'habitude de tarder à soumettre à l'Assemblée les textes qui lui sont soumis, et ce depuis que nous avons commencé à appliquer l'accord de Taëf auquel vous vous opposiez », a souligné le bureau de presse de M. Berry sans expliquer cependant les raisons pour lesquelles la proposition de loi relative au vote des émigrés n'a pas été inscrite à l'ordre du jour de la même séance.
Membre du Bloc de la réforme et du changement, M. Nehmetallah Abi Nasr a aussi interrogé le président de la Chambre, Nabih Berry, sur le sort de ce texte. « On avait promis aux Libanais établis à l'étranger et inscrits sur les listes électorales de leur permettre de participer aux législatives à partir de 2013, en équipant les ambassades à cette fin », a-t-il insisté.
Son collègue Ammar Houri (Courant du futur) a, pour sa part, qualifié de légitimes les appels en faveur du droit de vote des émigrés, estimant dans une déclaration à la radio que « nul n'a le droit de les en priver » et qu'« il serait utile que la Chambre examine les moyens de le concrétiser ». Selon lui, l'abaissement de la majorité électorale et les municipales ne peuvent pas être liés parce que le premier est prévu dans la perspective des élections législatives de 2013, à l'instar du vote des émigrés.


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