M. Bassil s’entretenant avec les membres de la Campagne civile pour la réforme électorale. Photo Dalati et Nohra
« Tous les prétextes que l'on avance de temps à autre sur le facteur temps et sur la nécessité d'organiser les élections à la date prévue ne sont pas suffisants pour passer outre aux réformes qui ont déjà été introduites », a indiqué M. Bassil en allusion aux réformes qui avaient été intégrées à la loi électorale, la veille de la dernière consultation parlementaire.
« La réforme est un processus continu dans le temps et ne s'arrête pas, et les préparatifs en vue de sa réalisation doivent se poursuivre. Tout le monde sait, depuis 6 ans, qu'il y a des élections municipales en vue. Par conséquent, le facteur temps ne saurait peser aux dépens des réformes », a-t-il insisté en affirmant qu'on ne peut annuler des réformes qui ont déjà été introduites, même si leur application n'a pas été des plus parfaites. M. Bassil faisait notamment allusion à la question de l'organisation du scrutin en un seul jour, soulignant à ce propos que l'on peut trouver une solution aux déficiences qui ont eu lieu à ce niveau, « en augmentant par exemple les bureaux de vote ».
M. Bassil a également évoqué le rôle et le fonctionnement du comité de supervision des élections chargé d'observer le processus électoral et de relever les violations - au plan financier et médiatique - lors de l'opération électorale. « Si ce comité n'a pas rempli sa mission comme nous l'avions espéré et n'a pas réussi à contrôler le phénomène des dépenses électorales ou à surveiller la couverture médiatique lors du scrutin, cela ne veut pas dire que nous devons annuler la mission de ce comité mais plutôt œuvrer à améliorer ses prestations », a-t-il dit. Et le ministre de soutenir que le rôle de ce comité est plus important cette fois-ci car « les dépenses électorales au cours des élections municipales doivent être encore plus strictement surveillées que lors des élections parlementaires ». À ce propos, le ministre a mis en garde contre les détenteurs de grands capitaux qui sont tentés de présider une municipalité quand bien même ils n'ont aucune expérience dans le domaine public.
Évoquant les réformes proposées lors du dernier Conseil des ministres, notamment la proportionnelle et la division de Beyrouth en plusieurs circonscriptions, M. Bassil a lancé un appel à l'adresse du ministre de l'Intérieur, Ziyad Baroud, l'invitant à ne pas plier sous les pressions et à défendre toutes les réformes dont il est convaincu.
De son côté, le député du Courant patriotique libre, Sélim Salhab, a réclamé la tenue des élections à la date prévue, que ce soit sur base de la loi précédente, ou du nouveau texte proposé. « À part des événements sécuritaires ou des circonstances exceptionnelles, rien ne peut justifier un report des élections », a-t-il dit. Et le député de relever que la période qui nous sépare de la date des élections est suffisante pour adopter certaines réformes proposées, notamment l'abaissement de l'âge de vote et l'élection du président et du vice-président des municipalités au suffrage direct en plus de l'application de la proportionnelle dans les grandes municipalités.
Par ailleurs, dans une allocution prononcée lors d'une cérémonie officielle, l'ancien chef de gouvernement, Fouad Siniora, a estimé que l'organisation des municipales à la date prévue est « essentielle pour consolider la confiance des citoyens dans le régime libanais et ses institutions ». M. Siniora s'est également prononcé en faveur des réformes et la nécessité d'en adopter autant que possible, exprimant toutefois son refus de la division de la capitale en plusieurs circonscriptions.
Le ministre de l'Éducation, Hassan Mneimné, a également insisté sur la tenue des élections dans les délais, soulignant que « ce souhait est général. Preuve en est, a-t-il dit, l'idée que toute discussion autour d'éventuelles réformes est conditionnée par le fait qu'elle ne puisse pas conduire à un report de l'opération électorale », a-t-il dit.


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