L'avion de la MEA a en effet rempli sa mission hier, dans la mesure où il a remis à l'ONU l'aide qu'il transportait en signe de solidarité avec le peuple haïtien. La délégation libanaise, conduite par le secrétaire général du Haut-Comité de secours, le brigadier Yehia Raad, a été accueillie à l'aéroport de Port-au-Prince par des représentants du ministère haïtien de l'Intérieur, des responsables de l'ONU et des Libanais de Haïti, qui ont profité de l'occasion de remercier le pays du Cèdre pour son geste symbolique. L'avion est resté quatre heures sur le tarmac de l'aéroport, qui reçoit près de 2 000 avions par jour chargés de tonnes de médicaments et d'aide humanitaire en provenance de tous les pays du monde. Le temps pour la délégation de s'assurer de la bonne santé des ressortissants libanais (1 000 Libanais, 8 000 s'il faut compter ceux qui sont de descendance libanaise) et d'effectuer une tournée pour constater l'ampleur du désastre humanitaire qui se déroule actuellement en Haïti, de respirer la puanteur de la mort qui remplit depuis quelques jours les contrées fantomatiques peuplées aujourd'hui uniquement de sans-logis et d'âmes errantes à la recherche d'un sursis pour survivre là où s'élevaient encore, il y a une semaine, la ville de Port-au-Prince.
La délégation a ainsi tenté de se rendre dans un centre commercial important dont le propriétaire est un homme d'affaires libanais, au centre de la capitale. Sans succès cependant, en raison des innombrables opérations d'exhumation des corps de sous les décombres et des mesures de sécurité mises en place par la police pour empêcher les actes de vandalisme et de pillage de se poursuivre. Aussi a-t-elle dû rebrousser chemin et retourner à l'aéroport Toussaint Louverture, où l'attendait quelques familles libanaises, syriennes et palestiniennes anxieuses de quitter la capitale haïtienne. Le conseiller de Saad Hariri, Fady Fawaz, a aussitôt appelé le Premier ministre pour le réconforter sur le sort des Libanais et lui demander l'autorisation de ramener en territoire libanais les ressortissants libanais et arabes qui en ont formulé la demande. Une fois l'autorisation accordée par M. Hariri, 16 personnes ont embarqué à destination de Beyrouth : quatre Libanais, Houssam Zbeik, Nancy Hayan et ses deux enfants, Natalia et Rami-Georges, dix Syriens, dont certains ont perdu leurs papiers d'identité et dont l'un est blessé et a besoin d'une aide médicale, et deux Palestiniens, dont l'un possède des papiers libanais et l'autre des papiers syriens.
L'avion est attendu ce matin, à l'AIB, où la délégation tiendra une conférence de presse à son arrivée pour raconter les détails de sa mission.
Parallèlement, le ministre des Affaires étrangères a appris hier par l'intermédiaire de l'ambassadeur du Liban à Caracas qu'une ressortissante libanaise âgée avait péri dans le tremblement de terre qui a ravagé l'île. Par ailleurs, plusieurs biens-fonds possédés par les Libanais se sont effondrés durant le séisme, le reste ayant été pillé.
Sur un autre plan, il convient de signaler qu'une cérémonie funèbre organisée par l'ONU est prévue aujourd'hui à la Maison de l'ONU à Beyrouth en mémoire des victimes du tremblement de terre en présence des représentants des trois présidents. Le coordinateur spécial de l'ONU au Liban, Michaël Williams, prendra la parole au cours de la cérémonie, ainsi que le commandant de la Finul, le général Claudio Graziano.


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