« Les courants extrémistes (musulmans) sont une menace pour tous, chrétiens et musulmans, et nous devons les affronter ensemble », est-il ainsi écrit dans ce premier document de travail intitulé « L'Église catholique au Moyen-Orient : communion et témoignage ».
Le texte, fruit d'un conseil présynodal composé de sept patriarches des six Églises orientales catholiques, du patriarche latin de Jérusalem, de responsables de la curie romaine et des présidents des Conférences épiscopales turque et iranienne, cite la dernière lettre pastorale des patriarches catholiques d'Orient, de 2009.
Les patriarches y constatent « la montée de l'islam politique, à partir des années 1970 », soulignant qu'il comprend des « courants religieux qui voudraient imposer un mode de vie islamique aux sociétés arabes, turque ou iranienne et à tous ceux qui y vivent, musulmans et non-musulmans ».
Le document, appelé lineamenta, relève qu'« avec la montée de l'intégrisme islamique, les incidents contre les chrétiens augmentent un peu partout ». Mais ce texte souligne aussi « la disponibilité d'un grand nombre de musulmans à lutter contre cet extrémisme religieux croissant ».
Le document dresse un état des lieux de la région qui compte 17 millions de chrétiens, majoritairement en Égypte (10 %), et autour de cinq millions de catholiques, a indiqué Mgr Nikola Eterovic, secrétaire général du synode des évêques, au cours d'une conférence de presse. Le texte note que le conflit israélo-palestinien est le « principal foyer » de l'instabilité de la région et que « l'occupation israélienne des territoires palestiniens et de territoires libanais et syrien » est la « cause » de « l'hostilité entre les Palestiniens et le monde arabe d'un côté, et l'État d'Israël de l'autre ».
Les chrétiens ont été au nombre des « principales victimes » de la guerre en Irak, ce dont « la politique internationale ne tient aucunement compte ».
Au Liban, poursuit le texte, « les chrétiens sont profondément divisés sur les plans politique et confessionnel » et en Égypte, « la montée de l'islam politique et le désengagement des chrétiens de la société civile rendent leur vie sujette à l'intolérance, à l'inégalité et à l'injustice ».
Le conseil présynodal s'inquiète par conséquent de l'émigration des chrétiens de la région, affirmant que « ce serait une perte pour l'Église universelle si le christianisme devait disparaître ou s'affaiblir précisément là où il est né ».
Il importe, selon lui, de bien distinguer politique et religion : « Les options politiques des États occidentaux sont mises sur le compte de la foi chrétienne. Il est important d'expliquer le sens de la laïcité et de rappeler qu'il n'existe pas une Ligue des États chrétiens semblable à l'Organisation de la conférence islamique (OCI). »
Dans ce contexte difficile, les chrétiens doivent « faire tomber les barrières de la peur, de la méfiance et de la haine, par le biais (de leur) amitié avec les juifs et les musulmans, les Israéliens et les Palestiniens », souligne le texte, qui sera adressé aux évêques des Églises catholiques orientales et aux conférences épiscopales et qui pose 32 questions pour orienter le travail de réflexion préparatoire au synode.
Les réponses seront synthétisées dans un second document qui sera remis par le pape Benoît XVI aux représentants des Églises orientales catholiques pendant son voyage à Chypre du 4 au 6 juin.


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