Lors d'une étude récente que nous avons réalisée, deux historiques différents ont pu être distingués. Phénomène ancien aux États-Unis, l'activité de fusions et acquisitions y a présenté des caractéristiques différentes d'une vague à l'autre. On observe une tendance aux fusions et acquisitions horizontales pour la première (fin du XIXe et début du XXe siècle), verticales et opérations liées au secteur des services pour la deuxième (années 20), à la diversification et aux opérations conglomérales pour la troisième (années 60), des transactions horizontales et internationales pour la quatrième (fin des années 80), et des paiements essentiellement par échanges de titres pour la cinquième (fin des années 90).
En Europe, les fusions-acquisitions se sont développées beaucoup plus tard et ont affiché plutôt un caractère stratégique. L'Europe a essentiellement connu deux vagues de fusions-acquisitions depuis le début des années 80. Sachant que l'année 1986, avec la signature de l'Acte unique, a marqué la construction d'un marché intérieur européen unique, nous considérons que la vague de fusions-acquisitions que l'Europe a connue à la fin des années 80 (1987-1991) représente la première vague véritablement européenne. Elle fut majoritairement de type amical et intracommunautaire. La deuxième a eu lieu à la fin des années 90 (1997-2000), et fut marquée par l'internationalisation et un règlement plus fréquent par échanges d'actions. Que l'on prenne en compte le nombre des opérations ou leur valeur monétaire, nous observons que les fusions et acquisitions réalisées au cours de la période 1997-2000 ont concerné principalement les secteurs de services (plus de 60 %), plutôt que l'industrie (moins de 40 %). Il s'agit d'une tendance amorcée dès 1993-1994 et qui n'a fait que s'amplifier durant la deuxième vague.
Un certain nombre de tendances communes, surtout après 1980, ont parallèlement pu être observées, telles que l'augmentation du paiement par échange d'actions, ou la prédominance de certains secteurs. Parallèlement, d'importantes spécificités européennes ont pu être mises en évidence, telles que le caractère amical très prononcé des opérations ainsi qu'une internationalisation assez récente. Ainsi, il apparaît que les principales caractéristiques des opérations européennes perdurent et tendent à se renforcer dans le temps. Les firmes européennes semblent avoir adopté des stratégies leur permettant de s'adapter à l'évolution de leur environnement sous l'effet conjugué de la constitution du marché unique européen et de l'unification monétaire. Dans le cadre d'une internationalisation accrue des économies, les opérations de fusions et acquisitions devraient à l'avenir présenter des similarités de plus en plus sensibles d'une zone géographique à l'autre. Néanmoins, nous pensons que leur environnement économique et juridique continuera à les marquer de ses spécificités.
* Spécialiste de finance à l'université de Poitiers, professeur à l'ESA
En coopération avec : ESA


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef