Le ministre de l’Intérieur, Ziyad Baroud, s’amusant à lire un tract de l’Association libanaise pour la démocratie des élections.Photo Hassan Assal
M. Baroud s'est néanmoins déclaré favorable à l'abaissement de l'age de vote à 18 ans, conformément à une décision en ce sens prise par le gouvernement précédent. Conformément aussi au vœu du président de la Chambre Nabih Berry et de plusieurs personnalités politiques, qui désirent voir cette catégorie d'âge exercer au plus tôt ses droits civils.
Le nombre des électeurs de cette catégorie s'élève à 240 000 personnes, précise-t-on, et leur inscription sur les listes électorales représente un défi logistique difficile à relever. « Mais pas impossible », affirme Ziad Abdel Samad, secrétaire général de l'Association libanaise pour la démocratie des élections, qui s'est exprimé en fin de réunion au nom des associations présentes.
Il y a lieu de souligner qu'un amendement de l'article 21 de la Constitution est nécessaire pour abaisser l'âge de vote de 21 à 18 ans. Cette démarche dépend donc de la bonne volonté de la Chambre, et surtout de son président.
« Nous avons tenu à exprimer de vive voix, devant le ministre de l'Intérieur, notre attachement à la date des municipales, a encore affirmé Ziad Abdel Samad. Il n'y a aucune raison de porter atteinte aux droits des Libanais et à leurs intérêts ; aucune raison de dire que nous ne sommes pas prêts à organiser les municipales. Personne n'ose le dire ouvertement, mais il est évident que certaines parties politiques souhaitent reporter cette échéance. »
« Nous avons également voulu exprimer notre désir de voir certains amendements introduits à la loi électorale municipale, mais les délais relativement étroits nous obligent à nous satisfaire du minimum. Après avoir pris connaissance du projet du ministre de l'Intérieur, nous souhaitons son adoption au plus tôt en Conseil des ministres, afin qu'il n'y ait pas de report », a poursuivi l'activiste.
M. Abdel Samad a notamment affirmé être en faveur de l'adoption de la proportionnelle à toutes les élections municipales, non seulement dans les grandes villes (comme le propose M. Baroud). « Nous sommes aussi en faveur d'un certain quota qui serait réservé aux femmes (M. Baroud propose 30 %), ainsi que l'uniformisation des listes électorales et la réduction de 6 à 4 ans du mandat des conseils municipaux. »
Pour le responsable civil, il ne fait pas de doute qu'il y a eu « une politique d'atermoiement » destinée à retarder l'échéance. « Un report est une atteinte à la démocratie et aux droits de l'homme », a-t-il dit, se prononçant en outre en faveur d'un amendement qui imposerait au président du conseil municipal, élu par ses pairs, d'être titulaire d'un diplôme d'études universitaires.
« Certes, cette condition n'existe pas au niveau des élections législatives, a-t-il reconnu, mais il faut bien qu'une réforme commence quelque part. » Et de souhaiter que cet amendement, une fois adopté, serve de modèle pour tous les conseils qui seront élus ultérieurement.
Avis et réunions
Notons que le ministre de l'Intérieur a reçu hier M. Massoud Achkar chargé des préparatifs en cours pour organiser les élections municipales. Le point de vue de M. Achkar, à ce sujet, est sensiblement le même que celui des associations de la société civile.
Toutefois, M. Achkar s'est déclaré en faveur de la division de Beyrouth en trois circonscriptions électorales, à l'instar de la division adoptée pour la loi électorale, afin que les électeurs de sa circonscription (Rmeil, Saïfi, Medawar) puissent élire leurs propres représentants municipaux, étant entendu que, conformément à un modèle imposé par le Premier ministre assassiné, Rafic Hariri, aux élections municipales de 1998 et 2004, les 24 édiles municipaux de Beyrouth sont à égalité chrétiens et musulmans
De leur côté, les députés de Beyrouth relevant du Courant du futur ont tenu hier leur réunion mensuelle pour faire le point sur certains sujets, dont les municipales. Ils ont exprimé leur souhait de voir ces élections se tenir dans les délais prévus par la loi, mais ont affirmé ne pas avoir encore pris de décisions en ce qui concerne le découpage de Beyrouth en trois circonscriptions.


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