Le gouvernement français accroît la pression, Renault fait face
Le gouvernement français a encore fait monter d'un cran hier la pression sur Renault, qui n'a toujours pas tranché sur la délocalisation de la Clio en Turquie, avant une convocation du PDG Carlos Ghosn à l'Élysée.
OLJ /
le 14 janvier 2010 à 00h38
Le ministre de l’Industrie Christian Estrosi. Source AFP
La réunion entre le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, et le directeur général de Renault, Patrick Pélata, qui s'est tenue hier à Bercy, n'a débouché sur aucune décision concrète. Mais les deux hommes ont tenu à se montrer rassurants. Le ministre a assuré que le message du gouvernement, à savoir le refus du projet dévoilé par la presse d'une délocalisation de la production de la future Clio, la Clio 4, en Turquie, avait bien été « entendu ». Face à la polémique, le directeur général de Renault a, lui, répété que le constructeur français n'avait pris à ce jour « aucune décision » concernant le futur lieu de production de la Clio 4. Il s'est également engagé auprès de l'État, « quel que soit le scénario », à ce qu'il n'y ait « aucune perte d'emplois » sur le site de Flins (Yvelines) où sont produites actuellement les Clio 2 et 3. Cette réunion entre MM. Estrosi et Pélata visait à préparer l'entretien que doit avoir samedi le président de la République, Nicolas Sarkozy, avec le président de Renault, Carlos Ghosn. Le ministre de l'Industrie a assuré qu'à l'issue de cette réunion, des décisions seraient prises concernant « les choix stratégiques » de Renault. Le constructeur automobile devra, selon lui, apporter « des réponses qui permettent au président de la République de confirmer aux Françaises et aux Français que c'est bien la volonté de l'État qui devrait être respectée dans les choix futurs de Renault ». Interrogé sur la marge de manœuvre de l'État, premier actionnaire de Renault avec environ 15 % du capital et seulement deux représentants au sein d'un conseil d'administration qui compte 18 membres, Christian Estrosi a répondu : « C'est la détermination de l'État à être entendu qui compte. » Le ministre de l'Industrie a d'ailleurs précisé que la question du nombre d'administrateurs serait abordée entre Nicolas Sarkozy et Carlos Ghosn. Depuis la révélation de ce projet par le quotidien La Tribune vendredi, cette affaire n'a cessé de soulever de vives réactions dans le monde politique et syndical, prenant une tournure inattendue avec l'implication du président de la République. « On a très nettement le sentiment que cette affaire monte en puissance a cause des élections qui vont arriver », a expliqué à l'AFP une source interne à Renault. « On comprendrait que le gouvernement soit révolté si on avait annoncé la fermeture de Flins, or là ce n'est pas du tout le cas », a ajouté cette source. La volonté exprimée par Christian Estrosi d'aboutir à une production majoritairement française de la prochaine Clio apparaît difficile à envisager pour le constructeur français. « Il est plus difficile de produire en France dans le bas de gamme », a affirmé Patrick Pélata à l'issue de la réunion. « Si on fait cette voiture exclusivement en France, elle ne sera pas rentable. Ce serait presque une production à perte », a assuré une source proche du constructeur automobile. À la sortie de cette réunion, le directeur général a annoncé qu'il prévoyait d'arrêter la production des Clio sur les sites espagnol et slovène. Une affirmation relativisée par une source interne expliquant qu'il ne s'agissait que d'une hypothèse parmi d'autres, « sans lien » avec la question de la Clio 4.
La réunion entre le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, et le directeur général de Renault, Patrick Pélata, qui s'est tenue hier à Bercy, n'a débouché sur aucune décision concrète. Mais les deux hommes ont tenu à se montrer rassurants. Le ministre a assuré que le message du gouvernement, à savoir le refus du projet dévoilé par la presse d'une délocalisation de la production de la future Clio, la Clio 4, en Turquie, avait bien été « entendu ». Face à la polémique, le directeur général de Renault a, lui, répété que le constructeur français n'avait pris à ce jour « aucune décision » concernant le futur...
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