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Nos lecteurs ont la parole

Et demain ?

Mario B. HELOU
Enfin, il est là ce gouvernement que le monde entier attendait avec la même angoisse ressentie lors du conflit américano-soviétique durant la crise de Cuba. Gracias señor et ahlan wa sahlan. Même si l'accouchement ne s'est pas effectué sans douleur, ressentie surtout par les parents et leurs proches.
Maintenant que ce nouveau-né qui porte le nom de gouvernement a finalement vu le jour, et qu'il a obtenu une confortable majorité parlementaire, sera-t-il à la hauteur de la mission qui l'attend et des espoirs placés en lui ? Chat échaudé craint l'eau froide. Tout pronostic serait négatif compte tenu des avatars qui ont accompagné la mise sur pied de cette équipe hétéroclite, aux principes et aux idées diamétralement opposés. Reste tout de même l'espoir de voir ses composantes prendre conscience de leurs nouvelles responsabilités, compte tenu d'un passé  marqué par les malheurs infligés aux Libanais par d'autres Libanais qui se sont démarqués des principes devant guider les pas d'un responsable conscient de ses obligations envers sa patrie et son peuple.
Le Liban, en ce moment, est un corps malade et inerte au niveau de l'État ; sa condition requiert une attention toute particulière pour l'aider à réagir et reprendre goût à la vie. Pour ce faire, on se demande si son mal, contrairement à toute logique, serait guérissable. Le  doute est de rigueur, et dans ce même contexte, une multitude de questions nous viennent à l'esprit quant à  la possibilité de miser sur l'efficacité de ce gouvernement, formé à force de compromis entre des groupes qui, hier encore, se vouaient une haine mortelle. Dispose-t-il d'une baguette magique pour enrayer d'un seul coup toutes les séquelles d'une période empreinte de violence, de méfiance et de hargne découlant des discours d'un niveau jamais connu dans les pires moments de la guerre ? Aura-t-il l'audace d'extirper ce cancer qu'on appelle « confessionnalisme » qui noyaute le cœur et l'esprit des différentes couches de la société libanaise, et derrière lequel se retranchent les ennemis d'un Liban appelé à renaître sous la bannière de l'unité et du progrès ? Sera-t-il en mesure de respecter les lois et de les faire respecter par ceux qui surfent sur ces lois et s'en servent à mauvais escient ? Comment rétablir la confiance entre des groupes disparates pour les convaincre de se mettre tous au diapason ? Comment faire taire ces voix discordantes qui ne cessent d'évoquer à chaque instant certains incidents de triste mémoire dans le seul but de raviver les haines et exciter les esprits ? Dans ce labyrinthe où tout s'emmêle, ce sont les droits du simple citoyen qui se voient emportés par le vent des tiraillements et des intérêts.
Dans le climat de détente prévalant ces derniers temps, nous souhaitons que ce gouvernement réussisse dans la plus ingrate des missions dans l'histoire de nos gouvernements. Nous voudrions d'abord, sans préjugés, voir jusqu'à quel point sont réellement sincères les intentions, la volonté de coopérer harmonieusement au sein de cette équipe, loin des surenchères, des démagogies, du narcissisme et des slogans et discours dithyrambiques vides de sens qui ont marqué la période écoulée. Nous voudrions voir un gouvernement capable de changer le cours des événements en prenant des décisions sans avoir à se référer a quiconque ; nous voudrions voir un gouvernement qui gouverne dans le cadre du respect de la Constitution et des lois ; nous voudrions voir un gouvernement décidé à introduire une nouvelle dynamique qui engloberait entre autres une gestion transparente des fonds publics ; nous voudrions voir un gouvernement conscient des dangers que le pays encourt du fait de la présence de plus d'un demi-million de Palestiniens sur son territoire, vivant dans des camps convertis en repaires pour des terroristes venus des quatre coins du monde.
Nous voudrions, enfin, sentir que nous vivons dans un État de droit et non  dans une république bananière à plusieurs têtes.

Mario B. HELOU
Enfin, il est là ce gouvernement que le monde entier attendait avec la même angoisse ressentie lors du conflit américano-soviétique durant la crise de Cuba. Gracias señor et ahlan wa sahlan. Même si l'accouchement ne s'est pas effectué sans douleur, ressentie surtout par les parents et leurs proches.Maintenant que ce nouveau-né qui porte le nom de gouvernement a finalement vu le jour, et qu'il a obtenu une confortable majorité parlementaire, sera-t-il à la hauteur de la mission qui l'attend et des espoirs placés en lui ? Chat échaudé craint l'eau froide. Tout pronostic serait négatif compte tenu des avatars qui ont accompagné la mise sur pied de cette équipe hétéroclite, aux principes et aux idées...
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