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Nos lecteurs ont la parole

Marathon

G. SÉROF
Le marathon est une discipline sportive exigeante, très populaire tant auprès des professionnels que des amateurs, comprenant au Liban des catégories les plus diverses. Pas toutes encore universellement reconnues hélas ! Sur cette question, le reste du monde, complexé et timoré, traîne la patte par rapport à notre pays qui, lui, innove sans arrêt.
Le privilégié dont l'appartement se trouve sur le parcours du marathon (par hasard puisque, comme il se doit, cette année il n'est pas le même que celui de l'année dernière) le constate sans avoir ni à se déplacer ni à rester debout derrière les rubans délimitant la course. Une compensation en quelque sorte d'avoir été réveillé dés l'aube par le bêlement si peu courtois des haut-parleurs des agents de la circulation sillonnant les rues, exigeant des illettrés ne sachant lire que les panneaux publicitaires, le déplacement de leurs quatre-quatre tout-terrain (y compris le désert d'Afghanistan) parqués sur la chaussée et les trottoirs.
Dés le début de la course, que probablement notre témoin privilégié a ratée, vu qu'il n'est pas plus lève-tôt que le reste de la population ce dimanche matin, passent comme des flèches les vrais marathoniens : sveltes ou petits de taille, athlétiques ou filiformes, blonds ou à peau basanée. Ils ne transpirent pas, on ne les entend pas souffler. Pour eux, la course libanaise n'est qu'une épreuve de plus qu'ils ajouteront à leur palmarès. Les handicapés suivent, les roues panardes de leurs chaises d'infirmes permettent une allure vive. Ils disparaissent aussi vite qu'ils ont surgi.
Une demi-heure plus tard commencent à s'égrener les premiers vrais amateurs : hommes et femmes qui habitent le Liban. De tout âge, ils sont sportifs et pour eux, le marathon est un défi qu'ils relèvent après moult jogging sur la corniche. Ils se distinguent par l'élégance de leurs tenues vestimentaires : très chic et très « in ».
Quelque temps après, le marathon prend une allure tout à fait différente. Portant tous sans exception le brassard officiel, ce sont étudiants, écoliers, membres d'associations, de groupes professionnels qui défilent, relax et bon enfant. Les uniformes, les ballons, les banderoles sont nombreux et variés. Les cris se mêlent aux chants et la musique domine tout. Petit à petit, ce qui semblait sérieux s'est mué en carnaval. Les enfants sont nombreux. Les jeunes mamans entourées de mioches poussent la poussette de bébé et, en dernier, progresse en peinant la vielle dame soutenue par la dévouée Philippine.
Miraculeux Beyrouth ! Cocasse et drôle. Mais n'est-ce pas là plutôt le spectacle d'un défoulement collectif ? Une manière pour les Libanais de satisfaire, une fois l'an au moins, le besoin impérieux de fouler le sol de la rue que l'automobile lui a accaparée.

G. SÉROF
Le marathon est une discipline sportive exigeante, très populaire tant auprès des professionnels que des amateurs, comprenant au Liban des catégories les plus diverses. Pas toutes encore universellement reconnues hélas ! Sur cette question, le reste du monde, complexé et timoré, traîne la patte par rapport à notre pays qui, lui, innove sans arrêt.Le privilégié dont l'appartement se trouve sur le parcours du marathon (par hasard puisque, comme il se doit, cette année il n'est pas le même que celui de l'année dernière) le constate sans avoir ni à se déplacer ni à rester debout derrière les rubans délimitant la course. Une compensation en quelque sorte d'avoir été réveillé...
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