Âgés de 21 et 20 ans, ces deux demis polyvalents issus du centre de formation sont les seuls recours du club après la suspension de Julien Dupuy et les blessures de Noel Œlschic et Charlie Davies.
« Tardy va débuter, ce n'est pas un scoop », déclare l'entraîneur Jacques Delmas.
« À Montauban, il a animé le jeu. C'est un joueur qui aime coller au ballon, qui aime porter. À nous de lui donner les meilleurs ballons et de tout faire pour que le petit puisse s'exprimer derrière notre ligne d'avants. »
Formé à l'US Métro et à Massy, Tardy, qui mesure 1m72 et pèse 75kg, s'entraîne régulièrement avec le groupe professionnel et connaît les schémas de jeu et les consignes des entraîneurs.
Il va néanmoins aborder sa première titularisation et gérer la triple pression d'un match à enjeu, du Stade de France et d'un duel avec Dimitri Yachvili avec pour toute expérience deux entrées comme remplaçant face à Montpellier et Montauban.
« C'est bien quand même ce qui m'arrive même si c'est un concours de circonstances », dit-il. « Je dois saisir cette opportunité pour me mettre à mon avantage. »
« Bouts de ficelle »
Les autres joueurs, et notamment les avants, se sont engagés à tout faire pour protéger leur jeune n° 9 même si certains laissent percer quelques doutes.
« Évidemment, cela aurait été mieux d'avoir des joueurs expérimentés au poste de demi de mêlée mais on fait avec », soupire le troisième ligne Pierre Rabadan.
« C'est le plan B en permanence. Il faut s'adapter sans cesse. En quatre mois ici, j'ai l'impression d'avoir pris dix ans », regrette Jacques Delmas. « On a toujours l'impression que nous sommes dans l'urgence. »
Ces problèmes ont fait glisser le Stade français à la huitième place avec six victoires en 17 journées et rendent indispensable une victoire sur Biarritz qui les précède d'un point.
« Quand on avait toutes nos forces vives, on s'est retrouvé à la cinquième place. Et puis, petit à petit, tout le monde tombe, Parisse, Liebenberg, trois demi de mêlée, Dupuy, Oelschig et Davies », déplore Jacques Delmas.
« Malgré tout, on est capable de mener de 14 points à 20 minutes de la fin à Montpellier où tout le monde a perdu. Ça prouve quand même qu'on y est. On aurait pu gagner au Racing-Métro avec 18 mecs en moins, ça veut dire que cette équipe a quelque chose », ajoute-t-il.
« Il nous manque ce petit plus. À Clermont, le dernier coup de sifflet nous est défavorable. Pareil à Montpellier. À Montauban, le dernier coup de sifflet que tu attends ne vient jamais. Et pourtant il y avait de quoi le siffler. Avec des bouts de ficelle, tu peux faire une corde. L'histoire est là. »

