Mais bien au-delà de la routine du travail de l'Exécutif, l'actualité locale en ce début d'année est marquée essentiellement par les tiraillements, accompagnés souvent de polémiques, entre responsables et ministres au sujet des grands dossiers « qui fâchent ». Parallèlement aux problèmes chroniques en rapport avec le sort de l'armement du Hezbollah et la question (existentielle) de l'abolition du confessionnalisme politique, c'est depuis quelques jours l'affaire des nominations administratives, aux postes de première catégorie, qui focalise l'attention des milieux locaux. Non moins de 47 pour cent des postes administratifs sont en effet vacants, et le gouvernement se doit de plancher sur cette situation s'il désire redynamiser l'action de l'appareil étatique. Sauf qu'il faut compter sur ce plan avec les délicats équilibres internes et avec les appétits des principales factions politico-communautaires du pays. Le général Michel Aoun a déjà annoncé la couleur, dans une déclaration à la presse, hier, en soulignant qu'il réclamait sa quote-part pour « rééquilibrer la présence chrétienne » au sein de l'administration.
Le président Michel Sleiman a clairement souligné à ce propos que ces nominations devraient se faire sur base de la compétence et devraient plutôt revêtir l'aspect de permutations, en ce sens que les nouveaux hauts fonctionnaires choisis pour pourvoir aux postes vacants devraient être désignés parmi le cadre actuel.
Il reste qu'une fois de plus, le chef du Législatif et leader du mouvement Amal, Nabih Berry, a jeté le pavé dans la mare en proposant qu'une commission de juristes soit chargée de procéder aux nominations « car à défaut, a-t-il affirmé, nous serons confrontés à un massacre au niveau des nominations ». Cette suggestion a toutefois été rejetée d'emblée par nombre de responsables de la majorité qui l'ont perçue comme une tentative du président de la Chambre de court-circuiter le gouvernement dans son ensemble, et la présidence du Conseil, plus particulièrement.


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