M. Kouchner affirme que le Hezbollah ou son armement bloque le processus de paix entre le Syrie et Israël. Comme si Israël était disposée à faire la paix ! Comme si la Syrie ou Israël avaient besoin du Hezbollah pour faire la paix ! Cette affirmation montre le parti pris de M. Kouchner dans le conflit qui oppose désormais le Liban (et pas uniquement le Hezbollah) et Israël, et qui concerne à la fois l'occupation d'une partie du territoire libanais par Israël et le retour des réfugiés palestiniens en Palestine (et non leur établissement définitif au Liban).
Après l'échec d'Israël dans sa guerre contre le Hezbollah (en fait contre le Liban) en 2006, les armes du Hezbollah représentent, en effet, un danger pour Israël. Personne ne le conteste. C'est pour cela qu'Israël demande le désarmement de ce parti libanais. C'est pour cela aussi que ces armes aux mains des résistants font partie de la stratégie de défense libanaise aux côtés de l'armée régulière libanaise.
Le désarmement du Hezbollah serait la conséquence éventuelle de discussions directes et non un préalable à des contacts indirects et officieux avec l'État hébreu.
Promouvoir la politique israélienne dans le conflit qui se perpétue engage son auteur et la politique qu'il représente et celle qu'il défend sur la voie non pas de la paix mais de la guerre.
L'union nationale libanaise se cristallise autour du Premier ministre Saad Hariri, qui a su composer, en prenant son temps, avec toutes les tendances notamment avec le Hezbollah. L'action personnelle du président français Nicolas Sarkozy n'est pas étrangère à un tel dénouement heureux. Beaucoup s'accordent à dire que le Liban connaît une période de stabilité sans précédent.
Les propos tenus par M. Kouchner ne me paraissent pas aller dans le bon sens. Ils décrédibilisent la France dans ses initiatives ainsi que dans ses actions présentes et futures. Je ne souhaite pas que la France se décrédibilise dans la problématique du conflit du Proche et du Moyen-Orient, mais qu'elle tienne sa place d'amie naturelle du Liban.


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