M. Hariri a indiqué qu'il a informé le patriarche des résultats de ses visites à Riyad, Damas et Copenhague. Concernant la position du patriarche au sujet de la visite de M. Hariri à Damas, ce dernier a affirmé que le chef de l'Église maronite a été informé des discussions franches qui ont eu lieu avec le président syrien Bachar el-Assad. « D'aucuns ont qualifié ce déplacement d'historique, pour moi il était d'une grande importance, surtout en raison du caractère franc et honnête des discussions qui nous ont permis d'échanger des idées qui sont dans l'intérêt des deux États et des deux peuples », a-t-il souligné, avant d'ajouter que « l'important, c'est que personne ne cherche à marquer des points par rapport à l'autre ». « Je me suis rendu en Syrie en ma qualité de Premier ministre de tout le Liban », a-t-il aussi tenu à préciser.
Répondant à une question concernant le recours en invalidation que compte présenter le parti Kataëb devant le Conseil constitutionnel contre l'article 6 de la déclaration ministérielle, Saad Hariri a déclaré que le Liban était un « pays démocratique », et que tout le monde se devait d'écouter et de respecter « l'avis de l'autre ». « Nous ne pensons pas que le fait pour une partie d'exprimer son avis soit de nature à paralyser le pays », a-t-il ajouté. Il a d'ailleurs réitéré cette position un peu plus tard sur le perron de l'archevêché grec-orthodoxe après s'être entretenu avec Mgr Élias Audi.
Le Premier ministre s'est donc ensuite rendu successivement à Raboué pour un entretien avec le patriarche grec-catholique Grégoire III Lahham puis à Achrafieh où il s'est réuni avec le métropolite de Beyrouth Élias Audi. Avec Mgr Lahham, il a discuté « de tous les points communs qui sont de nature à rassembler les Libanais » ainsi que de la nécessité de mettre en relief l'importance du « dialogue, de l'entente et de la modération, les principales valeurs du Liban ».
Même atmosphère à l'archevêché grec-orthodoxe, puisque M. Hariri a abordé avec Mgr Audi « les efforts actuellement déployés pour unir les Libanais et ouvrir de nouveaux horizons au dialogue ». Concernant le recours du parti Kataëb devant le Conseil constitutionnel, M. Hariri a tenu à indiquer que cette initiative n'arrêterait pas ses efforts tendant à « mettre en application la déclaration ministérielle telle qu'elle a été validée ».
Kabalan et Kabbani
Saad Hariri s'est ensuite réuni avec le vice-président du Conseil supérieur chiite Abdel Amir Kabalan qui l'a félicité pour la visite réussie qu'il a effectuée à Damas et qui a permis d'« ouvrir une nouvelle page dans les relations libano-syriennes ».
À Dar el-Fatwa, le Premier ministre s'est entretenu avec le mufti de la République Mohammad Rachid Kabbani. Il a réitéré son rejet de toute forme d'agression contre les symboles religieux du pays et a ensuite saisi l'occasion pour réaffirmer l'importance du rôle du pouvoir judiciaire. « Il y a des institutions fondamentales qui sont les piliers de l'État », a souligné le Premier ministre qui a ajouté qu'il n'était pas « permis » de s'attaquer à un juge « uniquement parce qu'une personne est en désaccord avec lui ». « Un État sans pouvoir judiciaire, je vous le dis franchement, ce n'est pas un État », a-t-il insisté.


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