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Liban - Réactions

L’ensemble de la classe politique salue l’initiative damascène de Hariri

L'audace, c'est ce que la plupart des responsables politiques ont souligné lorsqu'ils ont commenté hier la visite de Saad Hariri à Damas. Nawwaf Moussawi a de son côté appelé les deux pays à coopérer militairement afin de faire face à la menace israélienne.
Le vice-président de la Chambre, le député Farid Makary, s'est entretenu hier avec le Premier ministre Saad Hariri avec qui il a discuté de l'actualité politique et notamment de la visite du chef du gouvernement à Damas. « Le Premier ministre a prouvé qu'il était un homme d'État dans tous les sens du terme parce qu'il a su oser et se détacher de ses sentiments, il a osé se rendre à Damas parce qu'il a estimé que cela était dans l'intérêt du pays », a indiqué M. Makary après la réunion. « Depuis cinq ans, des développements importants ont eu lieu. Ils ont été positifs, comme par exemple le retrait des troupes syriennes du territoire national puis l'ouverture des deux ambassades et l'amorce de relations diplomatiques entre les deux pays. Aujourd'hui, je considère la visite de M. Hariri à Damas comme un élément qui vient compléter la révolution du Cèdre (...) surtout que nous aspirons à des relations institutionnelles entre deux États. De toute façon, cette visite est historique, et l'important est de ne pas faire marche arrière en revenant aux relations passées qui existaient entre les deux pays et qui incluaient une ingérence dans les affaires intérieures du pays », a-t-il ajouté.
Interrogé sur les sujets abordés par le Premier ministre à Damas lors de sa rencontre avec le président syrien Bachar el-Assad, M. Makary a déclaré que les discussions avaient entre autre porté sur « la délimitation des frontières, les armes palestiniennes en dehors des camps » et que le climat actuel était « au travail sérieux pour parvenir à des solutions satisfaisantes pour les deux parties ». Pour lui, les résultats de ces concertations damascènes se feront ressentir « à la première occasion qui se présentera après les fêtes de fin d'année ».
Commentant par ailleurs le grave incident de Deir Ammar, le vice-président de la Chambre a déclaré que celui-ci « ne pouvait être une coïncidence car il a eu lieu après une visite réussie ».
Pour sa part, le chef du parti des Forces libanaises (FL), Samir Geagea, a qualifié la décision de Saad Hariri de se rendre à Damas de « difficile », même si l'accueil qui lui a été réservé était « chaleureux et cordial ». « Cela ne suffit pas pour tourner la page des relations troubles entre les deux pays et pour résoudre tous les dossiers épineux », a ajouté M. Geagea. La partie syrienne doit maintenant faire ce qu'il faut pour les résoudre, notamment la question des disparus et des prisonniers dans les geôles syriennes, les camps militaires palestiniens, les armes palestiniennes en dehors des camps et la délimitation de la frontière libano-syrienne, « surtout les fermes de Chebaa ». Samir Geagea a en outre salué le fait que le Premier ministre ait opté de tenir sa conférence de presse damascène à l'ambassade du Liban à Damas et insisté sur le rôle que joue l'Arabie saoudite pour pousser la Syrie à résoudre les dossiers en suspens avec le Liban. Il a enfin affirmé que rien ne justifie actuellement qu'il se rende personnellement à Damas « car certains dossiers n'ont toujours pas été traités par la partie syrienne ».
Pour le député Atef Majdalani, « la visite à Damas est importante » et résulte d'une décision « audacieuse » car Saad Hariri « nous a habitués à prendre des initiatives qui vont dans l'intérêt du Liban ». Il a expliqué que le Premier ministre a opéré une distinction totale entre l'affaire de l'assassinat de son père, l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, et de tous les martyrs de la révolution du Cèdre, et c'est comme cela qu'il a pu « amorcer le processus tendant à relancer les relations régionales ». S'attardant sur l'incident de Deir Ammar, il a estimé qu'il visait simultanément Saad Hariri et le président de la République Michel Sleiman « car tous deux ont réussi à mener le Liban à bon port ». De plus, M. Hariri a remporté les élections législatives et « réussi à former un gouvernement ».
L'audace de la visite de M. Hariri, c'est aussi ce qu'a relevé le député Tammam Salam après une réunion avec l'ancien Premier ministre Sélim Hoss : « Nous suivons de près le rôle joué par le roi d'Arabie saoudite Abdallah ben Abdelaziz afin de rassembler la nation arabe. »

Moussawi : Pour une coopération militaire avec la Syrie
Le député du bloc Hezbollah Nawwaf Moussawi a estimé qu'il était temps pour le Liban d'ouvrir « le dossier de la coopération militaire avec la Syrie ». S'exprimant lors d'un majlis organisé à l'occasion de la semaine de Achoura, M. Moussawi a affirmé que « la résistance, dont certains critiquent la légitimité et la légalité, prend ses racines dans une idéologie religieuse et politique (...) qui la pousse à faire face au persécuteur et à prôner la victoire du persécuté ». Commentant la visite de Saad Hariri à Damas, il a indiqué que les relations entre le Liban et la Syrie « ne doivent pas être tributaires des relations que la Syrie entretient avec n'importe quel autre pays arabe ». Il a ajouté : « Si, pour l'ennemi israélien, le front nord signifiait le Liban et la Syrie, il serait donc préférable que ces deux pays coopèrent et coordonnent leurs efforts pour faire face ensemble à l'agression israélienne ». Il a ainsi souhaité l'ouverture d'un « dossier de coopération militaire entre les deux pays de manière à tirer profit de l'expérience militaire syrienne en matière d'armement et de défense ».
L'ancien vice-président de la Chambre Élie Ferzli a pour sa part souligné que la visite de Saad Hariri à Damas est appréciée à sa juste valeur et qu'il faut « la respecter ». Pour se développer, la relation entre les deux pays doit se traduire par des liens institutionnels, a ajouté M. Ferzli. Sur les ingérences syriennes dans les affaires intérieures du Liban, il a noté que cela ne devrait plus être à l'ordre du jour côté syrien.
Le vice-président de la Chambre, le député Farid Makary, s'est entretenu hier avec le Premier ministre Saad Hariri avec qui il a discuté de l'actualité politique et notamment de la visite du chef du gouvernement à Damas. « Le Premier ministre a prouvé qu'il était un homme d'État dans tous les sens du terme parce qu'il a su oser et se détacher de ses sentiments, il a osé se rendre à Damas parce qu'il a estimé que cela était dans l'intérêt du pays », a indiqué M. Makary après la réunion. « Depuis cinq ans, des développements importants ont eu lieu. Ils ont été positifs, comme par exemple le retrait des troupes syriennes du territoire national puis...
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