Chaque communauté s'identifie à un ensemble socioculturel différent et il n'y a pas de conscience nationale qui soit proprement définie ou même vécue.
Il y a un vide culturel qui laisse place à la futilité, la frivolité et aux démonstrations de force sociale. On est dans la culture de la surconsommation où le plus fort est celui qui montre le plus et qui gagne à la course aux apparences, celle-ci étant une échelle de succès à la libanaise... Les outils pour le faire étant le dernier « it-bag », la dernière voiture de luxe, la dernière montre, le « bling bling » par excellence. Et tout cela en perdant de vue le vrai luxe : l'unité nationale et l'harmonie au sein du pays.
La question qu'il faudrait alors se poser est celle-ci : est-ce que les gens utilisent ces apparences pour masquer (aux autres et à soi-même) la douleur et la cavité cancéreuse qui se trouve au cœur ? C'est une réaction psychologique légitime, mais pas une réaction nationale. Un pays n'est pas un individu, mais un ensemble d'individus. Il s'agit de le gérer comme un corps social qui comporte différents organes vitaux.
La société stagne alors autour des mêmes idées. Pas d'identité nationale veut dire pas d'intérêts communs à défendre, à part les intérêts religieux et donc communautaires et organiques. Le pays n'est pas un organe, mais un corps, il faut réintégrer l'esprit de corps.
L'individualisme est trop présent au Liban. Et cela malgré les apparences et en dépit de toutes les démonstrations sociales chaleureuses. Chaque individu s'isole du corps social à l'intérieur d'un cercle restreint, que ce soit la famille, des proches, etc. Et cette tendance a pour conséquence un manque de sens civique, une désaffection à l'égard des affaires publiques ; elle empêche toute évolution, qu'elle soit sociale ou économique. Il s'agit de sortir du cercle vicieux du moi narcissique (un organe ne sert à rien sans son corps).
Dans un registre économique, cela se traduit par un énorme déficit budgétaire, mais le pays tient toujours... L'économie libanaise est un phénomène en elle-même et reflète la psychologie du monsieur Tout-le-monde libanais qui serait prêt a s'endetter pour sacrifier à la consommation ostentatoire, tout comme l'État est prêt a s'endetter pour construire un énorme stade, un aéroport somptueux, un centre-ville ultramoderne alors que le pays venait de sortir d'une guerre civile. La décoration du pays prime sur son état économique, psychologique et social. On privilégie la forme aux dépens du fond au point même de le faire disparaître, alors que la forme n'est rien sans le fond. On constate une fois de plus que le Libanais ne croit pas en la complémentarité des choses et prône l'individualisme obscur.
Le Liban est un beau pays, avec une belle géographie, dotée d'un beau climat. Appel à sauver son âme !
Hala TUÉNI
Étudiante en Master
Info. et Com. - USJ


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