M. Ennio Troili : « Nous exposons des ouvrages sur l’Italie contemporaine, parce qu’il est important de montrer que la créativité se poursuit de nos jours encore. »
L'engagement de l'Italie au Liban à tous les niveaux n'est plus à démontrer, l'Italie ayant prouvé à plus d'une reprise son attachement au pays du Cèdre. Aujourd'hui, c'est dans le domaine culturel que le gouvernement italien s'implique avec plus d'un projet.
« La culture occupe une place importante dans les relations entre les deux pays, insiste l'ambassadeur d'Italie, Gabriele Checchia. Nous sommes très avancés à ce niveau, mais nos pays respectifs sont tellement complémentaires, que je pense que nous pouvons booster encore plus la relation dans ce domaine. En effet, la culture est un trait identitaire majeur tant dans l'histoire du Liban que dans celle de l'Italie. Nous constituons deux peuples, expression de la Méditerranée, attachés à notre identité, à nos valeurs, comme à la dimension du dialogue et de l'échange. C'est la raison pour laquelle le Liban nous tient à cœur et nous savons que les Libanais apprécient à leur tour l'Italie pour son ouverture vers le monde et les autres cultures aussi. »
Cette coopération culturelle s'est traduite au fil des années par plusieurs projets, au nombre desquels figure notamment la signature, il y a près de trois ans, d'une convention avec l'Université libanaise dans le cadre de laquelle des enseignants pratiquant l'italien seront formés.
À plus court terme, ou plutôt « dans l'immédiat », l'Italie « poursuit sa participation au grand événement que représente pour le Liban la désignation de "Beyrouth, capitale mondiale du livre pour les années 2009-2010" », souligne M. Checchia qui précise que la contribution de son pays à cet événement se manifeste par une importante participation à la cinquante-troisième Foire internationale du livre arabe de Beyrouth, qui se poursuit jusqu'au 18 décembre au BIEL, avec un pavillon offrant plus de 200 ouvrages (architecture moderne, design, cuisine, mode, cinéma...) transportés directement de Rome avec l'aide du contingent italien de la Finul.
« J'ai demandé qu'on envoie des livres sur l'Italie contemporaine, parce qu'il est important de penser que la créativité italienne se poursuit encore de nos jours et ne date pas uniquement des siècles passés », explique pour sa part l'attaché culturel près l'ambassade d'Italie et le directeur de l'Institut culturel italien, Ennio Troili.
« Nous envisageons deux tables rondes qui se tiendront demain mercredi 16 décembre, à 15h30 et 16h30 », poursuit-il. La première table ronde portera sur « Les échanges éditoriaux, un pont culturel. Le cas italo-libanais » et verra la participation de représentants d'éminentes maisons d'édition libanaises et italiennes qui s'occupent du monde arabe, notamment les Edizioni Sharq/Gharb, les Edizioni E/O, Cairo Editore et RCS Libri, côté italien, et Dar an-Nahar, Dar an-Nahar al-arabia wa assala lil nashir wal tawzih, al-Dar al-arabiya lil ouloum et Dar al-moukhtar wa Dar el-jil, côté libanais.
« Cette table ronde revêt une grande importance, d'autant que l'intérêt porté à la littérature libanaise grandit en Italie », souligne M. Troili, remarquant que les ouvrages de plusieurs écrivains libanais ont déjà été traduits vers l'italien.
La seconde table ronde sera consacrée à « La diversité culturelle : facteur de paix ou de conflit ». Elle sera dirigée par Charif Majdalani, avec la participation de Dounia Abirached Badini, directrice du Premio mediterraneo del libro (Prix méditerranéen du livre), Valerio Massimo Manfredi, romancier et président du jury du Premio mediterraneo del libro, Dacia Maraini, romancière, Paolo Branca, professeur de langue et de littérature arabe à l'Université catholique de Milan, Paolo di Giannantonio, journaliste à la RAI, Franco Rizzi, secrétaire général de l'Unimed, Samir Frangié, ancien député, Saad Kiwan, journaliste, Joseph Moukarzel, chef du département de journalisme à l'Université Saint-Esprit de Kaslik, Alexandre Najjar, romancier, avocat à la
cour, Joumana Haddad, romancière et journaliste à an-Nahar, et Paul Khalifé, rédacteur en chef de l'Hebdo Magazine.
Les deux tables rondes seront suivies, à 18h00, de la remise du prix littéraire Premio mediterraneo del libro (Prix méditerranéen du livre) aux lauréats du concours de la Fondazione mediterraneo di Napoli (Fondation méditerranéenne de Naples), qui récompensera trois œuvres écrites en langue arabe dans les catégories roman, poésie et essai. Les œuvres gagnantes seront par la suite traduites vers l'italien.
L'Italie à l'honneur au Festival al-Bustan
La participation de l'Italie à la Foire internationale du livre arabe de Beyrouth n'est qu'un avant-goût de l'implication de Rome au niveau artistique et culturel au Liban. Vers la mi-janvier, « nous présenterons de façon officielle le projet mis au point par l'architecte Alberto Catalano, qui a gagné le prix du concours international visant à édifier la nouvelle Maison des arts et de la culture au Liban, précise M. Checchia. Le financement est assuré par Oman, mais c'est la créativité italienne qui a été reconnue en décernant ce prix à Catalano, parmi non moins de 350 projets présentés dans le cadre de ce concours. »
Le Festival al-Bustan rendra à son tour honneur à l'Italie. Trois soirées seront ainsi dédiées au Barbier de Séville, une soirée à la Finul et à la contribution italienne à ces forces de maintien de la paix au Liban depuis 1978. « C'est une soirée qui aura une dimension plus large de l'amitié italo-libanaise et du soutien de Rome et de la Finul à la stabilité du Liban en tant que pays message, souligne M. Checchia. Nous aurons également les Sbandieratori di cori, qui sont des jongleurs vêtus de costumes qui remontent au Moyen Âge et qui feront leur spectacle dans les rues de Beyrouth. C'est une soirée qui revêt plutôt un caractère historique et de récupération de la mémoire italienne, d'une partie de notre histoire très belle et très haute en couleur. »
Et de conclure : « La dynamique est déjà enclenchée. Il faudrait qu'elle s'intensifie. Nous sommes ici pour le faire, sachant que mon ministre (le ministre italien des Affaires étrangères) et mon gouvernement sont tout à fait déterminés à aller de l'avant sur ce plan. »
N. M.


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