Interrogé par le site kataëb.org, Mgr Rahi a souligné que le document en question évoque la résistance du Hezbollah « mais ignore totalement la résistance libanaise entre 1975 et 1990. Cette résistance (chrétienne) avait protégé à l'époque le pays et sans elle, nous ne serions pas ici aujourd'hui ».
D'autre part, a-t-il relevé, « le Hezbollah affirme qu'il ne pourrait mettre un terme à l'action de la résistance que lorsqu'il y aurait un État fort. La question qui se pose est de savoir ce qu'ils ont fait, eux, pour qu'un État fort puisse voir le jour ».
Critiquant la vision qu'a le parti de Dieu des relations du Liban avec les États-Unis, l'Europe et un certain nombre de pays arabes, il s'est demandé comment le Hezbollah peut se permettre de « prendre des positions à cet égard loin de la diplomatie officielle libanaise ».
Sur la question de l'abolition du confessionnalisme politique, le prélat a noté que le Hezbollah « ne propose aucune alternative dans sa charte ». « Il est du droit de l'opinion de savoir ce que veut dire le confessionnalisme politique et par quoi il serait remplacé s'il était aboli », a-t-il souligné.
Mgr Rahi a relevé aussi que la charte ne parle pas des armes palestiniennes à l'intérieur et à l'extérieur des camps, « sachant que ces armes sont à la source du problème et la cause de la dégradation des relations libano-palestiniennes ».
« Si nous n'avons pas de réponses à toutes ces interrogations, il est certain que nous verrons un mini-État du Hezbollah dans l'État libanais, un mini-État qui prend position à l'égard d'États étrangers et qui détient la décision de guerre et de paix, censée être un monopole de l'État libanais », a-t-il dit.
Pour lui, « toutes ces questions nécessitent un dialogue approfondi. Aucun parti ne dispose d'une charte révélée et nul n'a le droit d'imposer sa charte au pays ».
Il a souligné que l'État libanais est appelé à « trancher au plus vite la question de la stratégie de défense, faute de quoi chacun irait à son compte ».
Par ailleurs, interrogé sur les attaques contre le patriarche Nasrallah Sfeir, Mgr Rahi a dit : « J'ai déjà parlé des lois ecclésiastiques qu'il faut appliquer à l'encontre des auteurs de ces attaques (l'excommunication). Mais c'est la personne concernée qui applique ces lois. Si j'étais moi-même la personne concernée, j'aurais appliqué la loi ecclésiastique sans délai. »


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