Dans son allocution intitulée « L'aube à l'Est, le crépuscule à l'Ouest : la fin de la fin de l'histoire », Norbert Walter a souligné que le pire de la crise financière internationale est passé, la preuve étant que les taux d'inflation demeurent remarquablement faibles de par le monde, en dépit de la hausse de la liquidité due à l'action des banques centrales. Il a également dit s'attendre à ce que la première hausse des taux d'intérêt dans le monde ait lieu au cours du deuxième trimestre 2010. Ce phénomène pourrait, selon lui, toucher l'Europe et les États-Unis si le cours de l'euro se détendait, sachant que les banques centrales asiatiques ont d'ores et déjà commencé à augmenter les taux d'intérêt. Et l'économiste de proposer enfin plusieurs mesures qui pourraient permettre au monde de dépasser la crise financière internationale, à savoir : la mise en place d'un cadre international pour la surveillance des banques et des institutions financières, et la signature, lors de la conférence internationale de l'ONU sur le changement climatique qui se tient actuellement à Copenhague, d'un accord sur la restriction des émissions de CO2.
Pour sa part, Henry Azzam a noté qu'alors que l'économie mondiale présente les premiers signes de reprise, des ondes de choc émanant de certains développements régionaux ébranlent la confiance des investisseurs dans la région et alourdissent le profil de risque de l'ensemble du Moyen-Orient. Selon lui, la plupart de ces événements ont lieu dans le Golfe, mais affectent également les autres pays arabes à travers des mécanismes de transmission solides et directs, tels que les transferts des expatriés, le tourisme régional, les flux de capitaux et les échanges commerciaux. « En dépit de ces développements, l'économie libanaise devrait enregistrer une croissance solide l'année prochaine », a-t-il souligné.
Saad Azhari, PDG de la BlomInvest Bank, a de son côté estimé que le secteur bancaire local a tiré profit du rôle de refuge financier qu'a joué le Liban au cours de la crise financière internationale ainsi que de la stabilité politique rétablie avec la signature de l'accord de Doha. « Le rôle de refuge financier ne suffira pas à garantir la croissance soutenable de l'économie libanaise au cours des prochaines années. La croissance est surtout tributaire des réformes de certaines entités publiques ainsi que de la création d'un climat propice aux affaires et à l'investissement », a-t-il conclu.

