Relations de bon voisinage, à Roum (Jezzine), entre deux clochers et un minaret.
édifices religieux. L'ouvrage permet ainsi de découvrir plus de mille villages libanais, et met en évidence ce brassage millénaire des mémoires qui a fait de la civilisation libanaise une civilisation unique au monde.
Curieusement, l'ouvrage lance au monde un message diamétralement opposé à celui de la crise des minarets en Suisse. Walter Müller, le chargé d'information de la conférence des évêques catholiques de Suisse, déclarait il y a quelques jours : « On n'est manifestement pas parvenu à montrer au peuple que l'interdiction de la construction de minarets ne contribue pas à une saine cohabitation des religions et des cultures, mais au contraire la détériore. La campagne, avec ses exagérations et ses caricatures, a montré que la paix religieuse ne va pas de soi et qu'elle doit toujours être défendue. »
Que le Liban puisse être offert en exemple sur ce plan, l'ouvrage de Nada Raphaël en témoigne avec éloquence, comme aussi le travail d'écriture de son associée, Joëlle Sfeir. C'est le triomphe de la dimension humaine de la religion, qui est souvent en contradiction avec sa dimension politique, et même avec sa dimension
dogmatique.
L'Église catholique craint pour la cohabitation harmonieuse de différentes communautés en Suisse. Elle
invoque le concile Vatican II qui a clairement souligné qu'il est « licite pour toutes les religions de construire des édifices religieux ». Au Liban, tous ces principes sont gravés dans la pierre. L'ouvrage de Nada Raphaël en témoigne avec éclat. Pour une fois, la leçon vient de chez nous !
* Jusqu'au 26 décembre, à Beit al-Tabib. Signature le 23 décembre, au Salon du livre arabe (BIEL).


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