La fresque abîmée de saint Étienne.
De nos jours, l'église est un lieu de culte quotidiennement fréquenté par les habitants du village ; à cet égard, elle peut être considérée comme le symbole d'un patrimoine vivant où traditions, rites et coutumes se perpétuent en osmose avec un patrimoine culturel préservé.
L'état de conservation des peintures murales est alarmant. Il faut reconnaître toutefois les efforts de ces dernières années, qui ont assuré l'étanchéité de la toiture et empêché les infiltrations d'eau et d'humidité. Mais la couche picturale reste très fragilisée par des efflorescences salines, et les détails de la surface sont dans certaines parties complètement masqués par un voile blanc de calcite, résultant de l'écoulement d'eau, durant de longues périodes, sur les parois internes de l'église. L'altération des vernis et cires appliqués au fil des années et les comblements de lacunes au ciment ont également largement contribué à l'assombrissement des décors, jusqu'à les rendre illisibles par endroits.
C'est à l'initiative d'Isabelle Doumet Skaf, directrice de la société Conservation SARL, et avec la collaboration de la Direction générale des antiquités et l'accord du diocèse maronite de Jbeil que le projet de conservation de ce patrimoine unique a vu le jour dans le courant de l'année 2009.
Le projet global prévoit la restauration des 60 m2 de peintures qui couvrent l'abside et certaines parties des murs latéraux de l'église ainsi que l'exécution d'une documentation graphique et photographique détaillée qui constituera une base de données précieuse pour les recherches à venir. Des analyses de fragments de mortiers et de couleurs seront également conduites au Liban et en Italie afin d'obtenir des informations supplémentaires sur les techniques anciennes utilisées par les peintres locaux à l'époque médiévale.
La première phase de restauration de deux mois (4 octobre-5 décembre 2009) a été enclenchée grâce à des fonds octroyés par l'ambassade des États-Unis (Ambassadors Fund for Cultural Heritage) et la Fondation Philippe Jabre. L'Iccrom (Centre international pour la conservation des biens culturels) est également partenaire du projet dans le cadre du programme Athar. Une aide logistique importante a également été apportée par M. et Mme Roger Eddé.
Deux restaurateurs italiens, Giorgio Capriotti et Caterina Michelini Tocci, qui ont travaillé en Italie sur les fresques du XVe et du XVIe siècle à Viterbo, près de Rome, et sur les peintures des tombes de Nefertari et d'Aménophis III en Égypte, font partie de l'équipe aux côtés des restaurateurs libanais : Isabelle Doumet Skaf, Badr Jabbour Gédéon et Ghada Salem.
À terme, si les financements suffisants sont assurés, il faudra un an pour remettre les fresques et l'église en état. Ce projet devrait également sensibiliser la communauté locale à l'importance de ces peintures et à la nécessité de les protéger.


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