Le maestro Charles Ansbacher. (Michel Sayegh)
«Tout d'abord du Brahms. Pour commencer, l'Ouverture pour une fête académique de Brahms. Œuvre légère, pleine de gaieté et inspirée de la joie des étudiants selon un certain style italien... Plus graves et empreintes de toute la force et la poésie de Brahms sont Les variations sur un thème de Haydn opus 56. Un thème extrait du choral Saint-Antoine de la Partita en si mineur, Hob II/46 de Joseph Haydn. Ensuite, place à la Symphonie n° 7 en la majeur de Beethoven. Une œuvre forte et indépendante.»
Pour les chevronnés de la musique du maître de Bonn, il est bon de savoir que cette œuvre, parue parallèlement avec la Huitième symphonie en fa majeur en 1812, est considérée par Wagner comme «l'apothéose de la danse» à cause des rythmes impétueux qui apparaissent dès le premier mouvement, un «vivace». L'andante traditionnel est remplacé ici par un allegretto d'un rythme aussi fougueux qu'insistant. Le presto qui suit est en forme de scherzo particulièrement développé, écrit dans la tonalité de fa mineur, tandis que l'assai meno presto, qui fait office de trio, est en ré majeur. Le finale, un allegro con brio mû par des rythmes rapides, est coloré par des nuances qui changent sans cesse et se termine par une coda éclatante de joie.
Maestro Charles Ansbacher, qui peaufine actuellement le concert en enchaînant activement les répétitions au Conservatoire national devant le Grand Sérail, confie sa joie de travailler avec les musiciens libanais. «Excellents interprètes, dit-il en parlant des musiciens de l'Orchestre symphonique national libanais. Coopératifs et toujours ouverts aux suggestions... Quelle serait la définition de la musique? Ma meilleure approche serait de dire que c'est une architecture en mouvements... La musique est surtout mouvement. Quand je pense à une symphonie, je pense à sa forme. Ensuite, c'est l'émotion. Surtout une image émotionnelle. Mes compositeurs favoris? Bien entendu Brahms et Beethoven, mais aussi Stravinsky, Schumann, Dvorak et Gabriel Fauré, dont j'aime beaucoup le Pelléas et le Mélisande. Mais il ne faut pas oublier que j'ai aussi une propension pour les compositeurs américains, tels que Bernstein et Gershwin. Mais aussi Aaron Copland, qui fut l'élève de Nadia Boulanger à Paris et qui, une fois à New York, a écrit d'admirables «cowboy music» tels Rodeo, Billy the Kid et l'Appalachian Spring... Mes projets pour le proche avenir ? Animer, par un cycle de concerts, le Festival des Landmarks avec neuf symphonies de Beethoven. Avec mes soixante musiciens, on fait surtout une musique que tout le monde comprend. Par conséquent, on ne met pas encore au menu ni du Boulez ni du Messian... Pour le moment, je suis très heureux d'être à Beyrouth que je trouve une très belle cité. Et j'aimerais revenir souvent ici, pour l'accueil si chaleureux du public et les musiciens avec qui je travaille si bien. Par ailleurs, j'ai une passion pour la mer car j'ai un bateau aux États-Unis et j'aimerais bien naviguer un jour sous le soleil et dans les eaux de Beyrouth et ses
environs...»
En attendant, pour ce vendredi soir, le mélange des opus de Brahms et Beethoven, sous la houlette de maestro Charles Ansbacher, est au rendez-vous des mélomanes.


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