Répondant aux questions de la presse à l'AIB, où un accueil officiel lui a été réservé, Mgr Sfeir a indiqué ne pas avoir pris connaissance de tous les aspects du débat actuel au sujet de la mise en place de la commission nationale pour l'abolition du confessionnalisme politique.
Il n'en demeure pas moins qu'il a insisté sur le fait qu'avant de prendre des mesures pratiques pour en finir avec le confessionnalisme politique, il est nécessaire de libérer les esprits de ce vice. « Si l'on juge actuellement que cela est fait, tant mieux, sinon mes réserves restent les mêmes », a souligné le patriarche.
Interrogé au sujet de la commission que le président de la Chambre, Nabih Berry, propose de former à cette fin, il a répondu : « De nombreuses commissions ont été formées dans le passé et rien ne s'est produit. »
Concernant la proposition du chef du PSP, Walid Joumblatt, au sujet de l'alternance au niveau des trois présidences, Mgr Sfeir a indiqué n'y avoir « rien compris ». « Si vous l'avez comprise, expliquez-la moi », a-t-il dit au journaliste qui lui posait la question et qui s'est empressé d'obtempérer. « Je pense qu'il appartient au peuple de décider », s'est alors contenté de commenter le patriarche, qui a été accueilli à sa descente d'avion par le ministre Sélim Sayegh, représentant le président Michel Sleiman, et par plusieurs autres personnalités politiques et religieuses.
L'abolition du confessionnalisme politique continue d'ailleurs d'alimenter le débat politique local. Le député Atef Majdalani a estimé dans ce cadre que cette mesure « devrait constituer une solution aux problèmes de l'État et ne pas représenter un nouveau nœud, générateur d'appréhensions pour une partie des Libanais ».
M. Adnan Sayyed Hassan, ministre d'État, a mis l'accent sur le caractère délicat de cette question et notamment sur la nécessité d'un consensus national à ce sujet. Selon lui, le mise en place de la commission ad hoc « ne signifie pas que le confessionnalisme politique sera directement aboli ». « Le confessionnalisme est un mode de vie et une culture. Aussi, faut-il le régler simultanément au niveau de l'éducation et des textes, ce qui prendra du temps. »
Le vice-président du Conseil supérieur chiite, cheikh Abdel Amir Kabalan, a pour sa part invité les Libanais à « se dépêcher de former la commission chargée d'abolir le confessionnalisme politique », en mettant l'accent sur la nécessité qu'elle soit composée de personnes compétentes. « Cette instance pourra ainsi accorder leurs droits à ceux qui le méritent, loin des considérations politiques et régionales. Les seuls critères de la compétence, de la connaissance et de l'intégrité seront alors retenus », a-t-il estimé, jugeant que les Libanais doivent se placer au-dessus des rancunes et des dissensions communautaires ».



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