Majid al-Mansouri : « Il faudrait que les pays arabes soient plus impliqués. »
L'Agence d'environnement d'Abou Dhabi était représentée au congrès du Forum arabe pour l'environnement et le développement (AFED) qui s'est tenu la semaine dernière par son dynamique secrétaire général, Majid al-Mansouri. Il a évoqué à L'Orient-Le Jour la position des pays arabes, les producteurs de pétrole plus particulièrement, dans les négociations climatiques.
Pourquoi n'y a-t-il pas de position arabe claire sur le changement climatique ? « Il est vrai qu'il n'y a pas de position arabe sur le changement climatique, mais il est vrai aussi qu'il en est de même partout ailleurs, répond M. Majid al-Mansouri, secrétaire général de l'Agence d'environnement d'Abou Dhabi. Cette question climatique a été tellement politisée que tout le monde la considère désormais sous le seul aspect économique. En effet, même les États qui ont pris des mesures pour la réduction des émissions observent étroitement les États-Unis et la Chine, qui sont, à eux deux, responsables des deux tiers des émissions mondiales. Or si ces deux pays refusent de prendre des engagements, il est normal que les autres rechignent à le faire. »
Mais les pays arabes seront en principe durement touchés par le changement climatique. Ne devraient-ils pas être, par conséquent, plus entreprenants ? « C'est un fait, aujourd'hui, que les grands émetteurs seront moins touchés que les pays en développement, déplore M. Mansouri. Les régions les plus touchées seront l'Afrique et le monde arabe. Chez nous, certains pays connaîtront des inondations, d'autres souffriront de la sécheresse. Voilà pourquoi il faudrait que les pays arabes soient plus impliqués. Or malheureusement, c'est le flou qui entoure les positions arabes sur ce sujet : certains pays sont convaincus que le changement climatique est un complot mondial, d'autres se disent lésés, et d'autres encore restent indifférents. »
Dans ce schéma, où se placent les Émirats arabes unis ? « Les EAU ont mis au point des politiques et des stratégies pour réduire l'impact du changement climatique sur leur territoire, souligne-t-il. Nous faisons ce qui est en notre possible. D'autre part, il ne faut pas oublier que les EAU accueillent le projet Irena, le plus élaboré actuellement en matière d'énergies renouvelables. Nous sommes le seul pays au monde à avoir adopté des systèmes pour gérer l'utilisation des énergies renouvelables. »
Les pays pétroliers sont souvent accusés d'être hostiles à ce que des plafonds chiffrés pour la réduction des émissions soient fixés. « Ce sont les pays pétroliers qui se sont attiré cette accusation, souligne M. Mansouri. Ces pays ont adopté beaucoup de politiques dans ce domaine, mais ils affichent une attitude défensive dès que le sujet est abordé et se placent eux-mêmes dans la position de l'accusé. Il est vrai qu'ils sont producteurs de pétrole, mais qui est le plus grand consommateur ? S'ils arrêtaient la production, il y aurait un problème économique dans le monde. » Il rappelle que les pays pétroliers font partie du G77, qui regroupe les pays les plus touchés par le changement climatique.
Et si à Copenhague un plafond d'émissions était fixé, les EAU et les autres pays de la région seront-ils favorables ou hostiles à cette mesure ? « Nous n'aurons aucun problème sur ce plan, répond-il. Mais les grands émetteurs veulent-ils vraiment le faire ? »
S.B.


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