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Liban - Éclairage

Cabinet de coalition, sans doute, mais pas du tout d’entente…

En marge, et en partie à cause, de la déclaration ministérielle, le bras de fer se poursuit. Un responsable du 14 Mars répète ainsi que les prosyriens se comportent comme s'ils avaient remporté les élections. En défendant un projet dit de résistance, radicalement contraire au concept d'État souverain, maître des armes comme du territoire dans son intégralité. Et ce alors que les résultats des consultations effectuées dernièrement au sein des syndicats ouvriers, des professions libres ou des organismes estudiantins viennent confirmer largement la vox populi qui s'est exprimée dans les législatives du 7 juin. En faveur donc de l'État de droit, contre le mini-État de fait accompli. D'un Liban libre, indépendant, non assujetti à l'axe syro-iranien.
Mais alors, pourquoi les souverainistes, qui ont autant le bon droit que le droit tout court pour eux, acceptent-ils de partager le pouvoir avec leurs adversaires ? La réponse tient, rappelle le cadre loyaliste coté, dans la volonté de ne pas mettre en péril la paix civile. Donc, dans la nécessité de se soumettre au chantage armé que soutiennent, d'ailleurs de manière réciproque puisqu'il sert leurs intérêts, les Iraniens et les Syriens. Et de souligner que, comme l'a confirmé Wi'am Wahhab, le Hezbollah veut rester armé jusqu'à la conclusion d'un règlement juste du conflit israélo-arabe, et non pas seulement jusqu'à la récupération par le Liban de Chebaa, Kfarchouba et Ghajar. Et encore : dans la foulée des idéologues iraniens khomeynistes, nombre d'éléments du Hezb pensent qu'il ne faut pas rendre les armes avant la disparition définitive de l'entité sioniste. Un comble : Wahhab invite tous ceux qui refusent de se ranger derrière la bannière de la résistance, c'est-à-dire du Hezbollah, à quitter le gouvernement et à s'inscrire comme opposants, à la Chambre.
Pour ce qui est de la déclaration ministérielle, des députés loyalistes continuent à protester contre l'éventuelle réédition du faux-fuyant utilisé précédemment. Il ne faut plus, précisent-ils, que l'on mentionne la résistance comme une entité à part, distincte du peuple libanais ou de son armée et disposant de droits bien à elle. Car il y a de la sorte amalgame entre la conception d'État, et même de nation, et un simple instrument de terrain, transmuté en mini-État.
Ces majoritaires posent dès lors aux prosyriens la question élémentaire suivante : voulez-vous l'État ou non ? Sachez, poursuivent-ils, que le projet dit de la résistance est une dénégation totale du droit étatique. D'autant qu'il se double de revendications contradictoires, comme d'abolir le confessionnalisme politique au titre de Taëf et d'exiger, en même temps, un changement de la parité islamo-chrétienne qu'établit ce pacte. Une action dont la réussite ne peut mener, en réalité, qu'aux déséquilibres et à l'anarchie institutionnelle.
Des observateurs estiment, cependant, qu'en prenant les devants d'une manière agressive, en exigeant la légitimation de la résistance dans la déclaration ministérielle, les prosyriens cherchent surtout à rogner, à limiter les avantages que la majorité, haririens en tête, devrait tirer de sa victoire aux législatives. Il s'agirait donc d'une sorte de contre-offensive anticipée, prophylactique, destinée à atténuer les effets potentiels d'une évolution régionale peu favorable, à terme, au Hezbollah.
Qu'il s'agisse du rapprochement syro-saoudien ou de la reprise des pourparlers indirects syro-israéliens par le truchement des Turcs, ces deux éléments étant également mal vus par les Iraniens, parrains du Hezb. D'autant plus inquiet, estiment ces sources, que Téhéran lui-même pourrait bientôt composer sur son nucléaire. Et se trouver tenté de lâcher du lest, du côté de la Méditerranée, donc de réduire son appui au Hezb comme au Hamas.
Enfin, des témoins fiables, retour de Damas, affirment que les dirigeants syriens pensent que l'on va, à pas rapides, vers une détente régionale. Et que la scène libanaise devrait s'en trouver apaisée. On ne peut que l'espérer.
En marge, et en partie à cause, de la déclaration ministérielle, le bras de fer se poursuit. Un responsable du 14 Mars répète ainsi que les prosyriens se comportent comme s'ils avaient remporté les élections. En défendant un projet dit de résistance, radicalement contraire au concept d'État souverain, maître des armes comme du territoire dans son intégralité. Et ce alors que les résultats des consultations effectuées dernièrement au sein des syndicats ouvriers, des professions libres ou des organismes estudiantins viennent confirmer largement la vox populi qui s'est exprimée dans les législatives du 7 juin. En faveur donc de l'État de droit, contre le mini-État de fait accompli. D'un Liban libre,...
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