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Liban - Politique

Les propositions d’abolition du confessionnalisme reçoivent un accueil très mitigé

Les réactions - dans l'ensemble très mitigées - aux propositions d'abolition du confessionnalisme politique ont pris le dessus hier sur les tractations autour de la déclaration ministérielle. 
Le pavé dans la mare lancé la semaine dernière par le président de la Chambre, Nabih Berry, qui avait suscité pour la énième fois la question de la mise en place de l'organisme national pour l'abolition du confessionnalisme, entraîne des réactions très mitigées dans les divers milieux politiques.
Fait remarquable, les ripostes à cette proposition, reprise à son compte mais de façon plus nuancée par le président de la République, Michel Sleiman, dans son message aux Libanais à l'occasion de l'Indépendance, placent dans un même camp une bonne partie du 14 Mars - pas seulement les chrétiens - et les milieux parlementaires aounistes.
Certes, les arguments avancés ne sont pas tout à fait les mêmes chez les uns et les autres, mais tous se rejoignent dans l'expression de leur scepticisme quant à l'opportunité de la proposition.
En tout état de cause, cette question a pris le dessus hier sur les commentaires quotidiens autour de la déclaration ministérielle.
Le bloc parlementaire du Courant du futur, qui s'est réuni sous la présidence de Fouad Siniora, estime dans un communiqué que l'initiative de M. Berry constitue, « dans le principe, un pas sur la voie du parachèvement de l'application de l'accord de Taëf ».
Cependant, ajoute le texte, « l'abolition du confessionnalisme politique est une partie d'un tout qui comprend l'extension de la souveraineté de l'État sur l'ensemble du territoire libanais, l'instauration de la décentralisation administrative et la création d'un sénat ».
Or, poursuit le communiqué, « l'examen de ces questions nécessite un timing opportun, d'autant qu'il existe des dossiers qu'il faut traiter en priorité si l'on veut faciliter un traitement réussi de celle de l'abolition du confessionnalisme politique ».
C'est donc presque une fin de non-recevoir qu'oppose le Courant du futur à l'initiative répétée de M. Berry. Et cette fin de non-recevoir est plus claire encore dans la bouche de l'un des membres du Bloc du futur, le député Ahmad Fatfat.
Sans même évoquer l'abolition du confessionnalisme, M. Fatfat a affirmé tout de go : « La première clause qu'il faut appliquer dans Taëf est l'extension de l'autorité de l'État sur tout le territoire libanais et le retrait des armes des milices, surtout depuis que ces armes ont été dirigées vers l'intérieur. »
Pour le député de Denniyé, « il est nécessaire de traiter ce problème par les moyens politiques, en réglant la question de la pluralité des centres de décision, mais aussi en modifiant la mentalité de ceux qui portent les armes ».
Une argumentation assez similaire est tenue par le secrétaire général du 14 Mars, Farès Souhaid.
« L'abolition du confessionnalisme politique est l'une des clauses de l'accord de Taëf et nous réclamons l'application de l'esprit et de la lettre de Taëf », a déclaré M. Souhaid, soulignant que « le désaccord ne porte donc pas sur cette clause, mais sur le timing de la proposition ».
« Si nous voulons adopter le principe général (de l'application intégrale de Taëf), pourquoi ne chercherions-nous pas d'abord à mettre en œuvre les clauses sécuritaires avant de nous attaquer aux clauses administratives et politiques ? » s'est-il interrogé.
« En d'autres termes, a poursuivi M. Souhaid, est-il possible d'abolir le confessionnalisme politique au Liban alors même qu'une fraction des Libanais dispose d'un arsenal et que cette même fraction affiche clairement la communauté, la secte et la religion dans sa rhétorique politique ? »
« La proposition émanant de M. Berry et d'autres (sic) vient à un moment inopportun, d'autant qu'elle vise à effrayer les chrétiens pour que ces derniers cessent d'évoquer la question des armes, en échange de quoi le camp adverse abandonnerait le slogan de l'abolition du confessionnalisme », a-t-il dit.
Du côté du CPL, le député Alain Aoun (Baabda) a estimé que « l'abolition du confessionnalisme politique ne saurait se faire par décret. Il s'agit d'un long processus qui doit traverser plusieurs étapes et notamment l'établissement de l'État de droit. Or nous ne sommes pas encore arrivés à ce point ».
M. Aoun a souligné aussi « la nécessité, au préalable, d'unifier les législations (sur le statut personnel, la succession, etc.) afin que les citoyens soient égaux à l'ombre du non-confessionnalisme ».
Le député Farid el-Khazen a lui aussi estimé que l'abolition du confessionnalisme « ne se résume pas simplement à l'application de l'une des clauses de Taëf », mais qu'il s'agit « d'une réforme pionnière qui nécessite une série de mesures préalables et des circonstances adéquates ».
Et pour le député du Kesrouan, « le climat qui doit prévaloir pour l'abolition du confessionnalisme n'existe pas à l'heure actuelle ».
Enfin, Sélim Salhab (Metn) a souligné que son bloc parlementaire « approuve le principe de l'abolition en vue du passage vers l'État démocratique, pluraliste et civil ».
Toutefois, M. Salhab a estimé qu'il fallait « commencer par mettre en œuvre la clause de la décentralisation administrative. Selon lui, la préparation culturelle nécessaire à l'abolition du confessionnalisme prendra plusieurs années ».
Le pavé dans la mare lancé la semaine dernière par le président de la Chambre, Nabih Berry, qui avait suscité pour la énième fois la question de la mise en place de l'organisme national pour l'abolition du confessionnalisme, entraîne des réactions très mitigées dans les divers milieux politiques.Fait remarquable, les ripostes à cette proposition, reprise à son compte mais de façon plus nuancée par le président de la République, Michel Sleiman, dans son message aux Libanais à l'occasion de l'Indépendance, placent dans un même camp une bonne partie du 14 Mars - pas seulement les chrétiens - et les milieux parlementaires aounistes.Certes, les arguments avancés ne sont pas tout à fait...
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