Un consortium conduit par la société d'État russe Atomstroyexport était le seul candidat pour la construction d'une centrale de 4 800 mégawatts à Akkuyu, dans la province de Mersin, sur la côte méditerranéenne. Des négociations étaient menées avec ce consortium sur le prix de l'électricité. Le processus de l'appel d'offres était sous le feu des critiques depuis qu'il est apparu en septembre 2008 qu'un seul consortium était candidat à ce projet et que le prix offert pour fournir de l'électricité au réseau turc était supérieur à celui du marché. Le consortium, qui se compose également des groupes russe Inter Rao et turc Park Teknik, a révisé en baisse son prix, mais Ankara estimait que le prix était toujours trop élevé. Le ministre turc de l'Énergie Taner Yildiz avait récemment indiqué que le consortium propose « environ 15 cents » de dollar américain par kilowatt/heure, en baisse par rapport aux 21,16 cents initialement proposés.
Le Conseil d'État, plus haute instance administrative turque, a en outre bloqué le 10 novembre le projet en suspendant trois articles du règlement régissant le concours public, avait indiqué dans un communiqué l'Union des chambres d'ingénieurs et d'architectes de Turquie (TMMOB), à l'origine du recours auprès de cette instance contre l'attribution du projet. Cette décision invalide l'appel d'offres, avait souligné la TMMOB.
Désireuse de réduire sa dépendance énergétique à l'étranger, la Turquie prévoyait la construction de trois centrales nucléaires d'ici à cinq ans. Les défenseurs de l'environnement s'inquiétaient en particulier du premier projet, qui comprend la construction d'un réacteur à seulement 25 km d'une ligne de faille sismique.
Le deuxième réacteur devait être construit à Sinop, dans le nord, et là aussi les organisations environnementales s'y opposent. C'est la cinquième tentative de la Turquie de se doter de l'énergie nucléaire.
Les précédentes tentatives avaient été avortées pour des raisons diverses, notamment financières et environnementales.

