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Liban - La Situation

La déclaration ministérielle se fait attendre, mais les réconciliations s’accélèrent

Alors que les Libanais s'apprêtent à célébrer le 66e anniversaire de leur indépendance dans une atmosphère d'entente et d'harmonie (relatives) et alors que le président de la République s'applique à rédiger le discours qu'il prononcera à cette occasion et qui devrait constituer une sorte de feuille de route pour les mois, voire les années à venir, la commission chargée de rédiger la déclaration ministérielle peine à achever sa mission.
La semaine dernière, les milieux concernés promettaient la publication de cette déclaration avant la fête de l'Indépendance et assuraient que tout avait été convenu d'avance et que les questions litigieuses ne devraient pas poser de problèmes, puisqu'elles seront examinées en long et en large à la table de dialogue. Aujourd'hui, et après la cinquième réunion de la commission, ces espoirs sont plus ou moins revus à la baisse, même si toutes les parties refusent de parler de blocage ou de faire preuve de pessimisme.
Entre les douze membres de la commission, les discussions s'éternisent, mais les participants s'évertuent à affirmer que les débats sont courtois et se déroulent dans un esprit d'ouverture. Apparemment, les divergences portent sur trois sujets essentiels dans le volet politique : les armes du Hezbollah, le dossier palestinien et les armes hors des camps, ainsi que les relations avec la Syrie et le tracé des frontières avec ce pays. À un moment donné, la position par rapport aux résolutions internationales a failli poser problème, entre partisans et détracteurs de la mention de la résolution 1559, mais il a finalement été convenu d'en rester à la formule proposée par le ministre de l'Information Tarek Mitri qui prévoit l'appui du Liban aux résolutions internationales, notamment la 1701.
Sur les autres sujets, les ministres chrétiens du 14 Mars insistent pour que la déclaration ministérielle comporte clairement une phrase sur le fait que c'est l'État qui doit détenir la décision de faire la guerre ou la paix. Cette phrase devrait figurer tout de suite après la mention du droit du Liban, en tant que peuple et État, à recouvrer l'ensemble de son territoire. Mais ces ministres estiment aussi que la formule adoptée par la précédente déclaration ministérielle, qui évoquait explicitement la résistance à côté du peuple et des institutions étatiques, ne peut plus être acceptée aujourd'hui, car il faut absolument donner l'autorité et le pouvoir de décision à l'État. Les ministres partisans de cette position rappellent qu'ils ont remporté les élections législatives sur la base du slogan « non à l'État dans l'État, oui à l'État ». Par conséquent, revenir à la formule de l'appui à la résistance pour libérer le territoire équivaudrait à trahir la confiance des électeurs. C'est donc pour eux une position de principe.
Les ministres qui refusent cette position estiment de leur côté que leurs collègues mènent un combat d'arrière-garde pour faire oublier le camouflet reçu lors de la formation du gouvernement d'union nationale. Ils chercheraient ainsi à faire traîner l'adoption de la déclaration ministérielle pour montrer qu'ils ont encore la capacité d'arrêter un processus ou de lui imposer leur propre rythme.
Entre ces deux positions, les médiateurs s'activent pour trouver un compromis « à la libanaise ». Le ministre Waël Bou Faour a même appelé toutes les parties à faire des concessions, rappelant avec une certaine sagesse que la déclaration ministérielle ne peut résoudre tous les conflits qui durent depuis des années. Le compromis en question pourrait se résumer à la mention des réserves de certains ministres dans le procès-verbal de la réunion de la commission ministérielle, même si des sources proches du Courant du futur estiment que le Premier ministre Saad Hariri préférerait que la déclaration soit adoptée à l'unanimité des membres du gouvernement. Auquel cas, il faudra chercher dans la richesse de la langue arabe une de ces formules suffisamment vagues pour satisfaire les deux camps et supporter toutes les interprétations. On parle ainsi du « droit du Liban, dans toutes ses composantes (pour éviter de mentionner clairement la résistance), à recouvrer l'ensemble de son territoire ». De son côté, le Hezbollah souhaite une mention claire de la résistance au même titre que le peuple et les institutions étatiques.
Le point peut paraître secondaire, il est en fait crucial. Mais ce qui compte en définitive, c'est que toutes les parties sont convaincues qu'une solution sera finalement trouvée et plutôt rapidement. Les délais évoqués font encore état de l'adoption de la déclaration ministérielle et du vote de confiance au Parlement avant la fête de l'Adha vendredi prochain. Et même si l'on déborde encore de quelques jours, le train est quand même sur les rails et, selon un ministre, rien ne peut plus l'arrêter...
Le train des réconciliations aussi. Après le déjeuner qui a réuni Sleimane Frangié et Walid Joumblatt à la table du président de la République, le palais présidentiel s'apprête à accueillir, au cours des prochains jours, une rencontre symbolique entre le chef du PSP et le général Michel Aoun. Le chef de l'État est ainsi en train de remplir sa mission initiale de rassembleur et de point de rencontre entre les Libanais, alors que Aoun et Joumblatt sont en train de tourner une page dans leurs relations pour en ouvrir une nouvelle qui donne un aperçu du nouveau paysage politique post-formation du gouvernement... D'autres rencontres de réconciliation sont aussi prévues dans le camp chrétien en particulier.
Alors que les Libanais s'apprêtent à célébrer le 66e anniversaire de leur indépendance dans une atmosphère d'entente et d'harmonie (relatives) et alors que le président de la République s'applique à rédiger le discours qu'il prononcera à cette occasion et qui devrait constituer une sorte de feuille de route pour les mois, voire les années à venir, la commission chargée de rédiger la déclaration ministérielle peine à achever sa mission. La semaine dernière, les milieux concernés promettaient la publication de cette déclaration avant la fête de l'Indépendance et assuraient que tout avait été convenu d'avance et que les questions litigieuses ne devraient pas poser de...
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